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L’ESSOR DES SPORTS DE COMBAT EN FRANCE

L’engouement pour les sports de combat en France connaît une croissance remarquable ces dernières années. Qu’il s’agisse de judo, de karaté, de boxe ou encore de MMA, de plus en plus de Français se tournent vers ces disciplines exigeantes, à la recherche de dépassement de soi, de discipline et de sensations fortes. Entre les exploits de champions nationaux comme Teddy Riner et l’organisation d’évènements d’envergure, le paysage des sports de combat s’enrichit et diversifie son audience. Cet essor témoigne d’une véritable mutation des pratiques sportives et d’un intérêt croissant pour les arts martiaux et disciplines assimilées en tant que sport, loisir et mode de vie.

Des arts martiaux traditionnels venus du soleil levant

Les arts martiaux ont leurs racines dans les anciennes civilisations comme la Chine, le Japon et la Grèce. Les disciplines traditionnelles n’étaient pas seulement destinées au combat, mais servaient également à développer la discipline physique et mentale. En Chine, les premières formes d’arts martiaux étaient souvent liées à des principes spirituels et philosophiques, comme la recherche de l’équilibre et de la force intérieure. Mais de nombreux arts martiaux traditionnels étaient aussi associés à la formation militaire. Par exemple, au Japon ancien, le Jiu-Jitsu a été développé comme moyen pour les guerriers de se défendre lorsqu’ils étaient désarmés. 

Le Japon occupe une place centrale dans l’histoire des arts martiaux en raison de son héritage samouraï et de la codification très poussée de ses disciplines. 

C’est à l’époque d’Edo (1603–1868), en période de paix relative, que les arts martiaux japonais évoluent. On parle alors de budō : littéralement « la voie du guerrier ». Ces disciplines, comme le judo, le karaté ou le kendo, se concentrent moins sur la mort de l’adversaire que sur le développement personnel, le respect de l’autre et la maîtrise de soi. À la fin du XIXe siècle, des maîtres comme Jigoro Kano, fondateur du judo en 1882, ou Gichin Funakoshi pour le karaté (voir page 9), contribuent à diffuser cette nouvelle approche éducative à l’international, et notamment en Europe.

Les arts martiaux évoluent au XXe siècle vers le mode « compétition »

Au cours du XXe siècle, l’objectif s’est progressivement déplacé vers la compétition avec des règles claires et une structure définie. La boxe, existant depuis des siècles, a notamment connu un nouvel essor grâce aux compétitions professionnelles, devenant un sport populaire à l’échelle mondiale. Cette période a également marqué l’introduction d’arts martiaux aux Jeux Olympiques comme le Judo (1964), le Taekwondo (1988) et le karaté (2021), apportant une reconnaissance et une valorisation plus larges de ces disciplines. En parallèle, la déferlante Bruce Lee dans les années 60-70 a grandement contribué à développer les arts martiaux venus d’Asie : karaté, kung-fu, judo…Du matériel de sécurité est alors arrivé, comme les casques et les protège-dents, en boxe, au karaté (voir page 9) ou au kendo (voir page 19). Cela a rendu les arts martiaux plus accessibles et plus sûrs pour un public varié.

L’arrivée des nouveaux sports de combat comme le MMA 

La croissance du MMA a un peu bouleversé le monde des arts martiaux. Le MMA combine des techniques de disciplines diverses comme la boxe, le Jiu-Jitsu brésilien, le Muay-Thaï et la lutte, introduisant un nouveau niveau de polyvalence et d’efficacité, au détriment à ses débuts de certaines valeurs ancestrales comme la maitrise de soi ou le respect de l’autre. Il est aujourd’hui reconnu par de nombreuses fédérations nationales et attire un jeune public. En Sarthe, la boxe thaïlandaise s’est bien développée (voir page 13), pour des jeunes en recherche de sensations fortes. Les jeunes qui se lançaient dans les années 80 dans le karaté ou la boxe se tournent dorénavant vers le MMA ou la boxe thaï. Parallèlement, la dimension spirituelle et thérapeutique des arts martiaux est de plus en plus valorisée. Le tai-chi (voir page 21) ou l’aïkido sont ainsi pratiqués comme des moyens de réduire le stress ou d’améliorer l’équilibre psychocorporel. Des études montrent même des effets bénéfiques sur la santé mentale et cardiovasculaire des pratiquants réguliers.

Les Arts Martiaux touchent tous les âges, toutes les catégories sociales

Aujourd’hui, les arts martiaux attirent un public large et diversifié. Pour les enfants, ils offrent l’opportunité de développer discipline, confiance en soi et coordination motrice. Les parents choisissent souvent les arts martiaux pour leur influence positive sur le développement physique et mental de leurs enfants. Les adolescents et adultes voient les arts martiaux comme un moyen de rester en forme, de réduire le stress et de renforcer leur mental, tout en améliorant leur conscience de soi. Les seniors se tournent également de plus en plus vers les arts martiaux (voir page 11), grâce à des entraînements adaptés mettant l’accent sur l’équilibre, la flexibilité et la santé globale. 

Les sports de combat représentent également un puissant vecteur d’intégration sociale et de valeurs éducatives. Les clubs deviennent des lieux de rencontre, de mixité sociale et d’apprentissage du vivre ensemble. 

un bon encadrement et de bons dirigeants

La qualité de l’encadrement est un facteur-clé dans la popularité du sport de combat en France. Les entraîneurs, souvent d’anciens compétiteurs de haut niveau, apportent un savoir-faire et une expertise essentiels à la progression technique et physique des pratiquants. En parallèle, l’implication des fédérations sportives, à travers la mise en place de certifications et de cursus structurés, assure une standardisation des niveaux d’enseignement. C’est bien là que réside la clé pour voir les Arts martiaux et Sports de combat impreigner la société dans le bon sens : la pédagogie et les compétences des enseignants. Favoriser les formations et les diplômes certifiés, ne pas lâcher sur la lutte contre les dérives et les  enseignements à tendance sectaires. Et enfin avoir des instances nationales et internationales avec à leur tête des dirigeants à l’éthique irréprochable, où la transparence et l’équité sportive prime les intérêts partisans et le culte de l’argent, cela favorise le développement des apprentissages des Arts Martiaux et des Sports de Combat.

Bruno Réchard

Bruno Réchard, rédacteur en chef du Petit Sarthois

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