Avec son alter égo Didier Moreau il est la référence du karaté en Sarthe. Enseignant au Samouraï 2000, ceinture noire 8ème dan, ex Directeur Technique Régional, Philippe Lhommeau a démarré le karaté en 1973, autant dire qu’il possède une vision assez large du karaté, et même des Sports de Combat en général, ayant aussi enseigné le Full Contact. Il nous explique l’Histoire de son sport depuis l’école d’Okinawa, jusqu’à aujourd’hui au Samouraï 2000, le club aux 1350 adhérents !
Okinawa (Japon) : aux origines du karaté
Le karaté-do (voie de la main vide) se concentre principalement sur les coups portés, poings et pieds, à « distance de combat ». Il trouve son origine sur l’ile d’Okinawa au 15e siècle, où les rois bannirent les armes pour protéger leur pouvoir, entrainant le développement de techniques de combats à mains nues. L’Okinawa-te, nom ancien de ce qu’on appelle aujourd’hui Karaté, fut enseigné dès 1902 dans certaines écoles, et le maitre japonais Gichin Funakoshi (1868-1957) en fit une démonstration publique en 1906, puis à Tokyo en 1922, et tout le Japon fut gagné par ses techniques si efficaces en combats. Il est considéré aujourd’hui comme le père du Karaté moderne. En 1935, Funakoshi publie Karate-do Kyohan dans lequel il décrit tous les katas tels qu’il les conçoit et les enseigne. Puis le karaté fut introduit en Europe dans les années 1950 par des experts japonais, notamment Hiroo Mochizuki, le premier à recevoir le 10ème dan, grade ultime, en France.
Le tournant de 1972 : la France devient la première nation championne du Monde non japonaise
Impossible d’évoquer le karaté en France sans parler d’Henry Plée (1923-2014), pionnier du Karaté-do en France et en Europe entre les années 1950 et 1965 : styles, professeurs, dirigeants, presque tous sont issus de son dojo. Puis vient le tournant de 1972 : la France devient la première nation championne du Monde non japonaise. À la suite de cette victoire historique à Coubertin, les clubs se multiplient. En 1975, la Fédération française de karaté et arts martiaux affinitaires devient indépendante de la Fédération française de judo. Philippe Lhommeau, professeur de Karaté au Samouraï 2000 depuis sa création en 1985, confirme l’influence du judo sur le karaté : « Comme au judo, la progression aux entrainements est validée par des couleurs de ceinture : jaune, orange, verte, bleue, marron puis noire. Il y a aussi des katas, un enchainement de techniques codifiées qui simule un combat stylisé contre des adversaires imaginaires, et des règles d’âge pour atteindre la ceinture noire (14 ans au karaté). »
En Sarthe, la création du Samouraï 2000 par 2 passionnés : Philippe et Didier Moreau
« Au début des années 80, on pratiquait au JCM (Judo Club du Mans) puis au KCO (Karaté Club de l’Ouest) dans des gymnases. Le problème c’était qu’aux vacances les gymnases fermaient… Donc avec Didier on a souhaité créer notre club et nous nous sommes installés rue des accacias au Mans », raconte Philippe Lhommeau qui avait mis un pied en équipe de France, en compagnie de Didier Moreau, son alter égo un peu plus jeune. « Très vite nous avons été débordés par les inscriptions, 450 la première année ! Heureusement Didier Moreau pouvait se dégager du temps pour assurer les cours avec moi. Au terme de cette première saison sportive, je quittais les Comptoirs Modernes (mon emploi d’alors) pour faire de ma passion pour ce sport et de l’enseignement ma profession. »
Le Karaté-do, être meilleur plutôt que le meilleur…
« La philosophie du Karaté traditionnel inclut la compétition, mais dans un sens d’épreuve personnelle, pour mieux se connaitre, bien gérer son stress, et ainsi devenir meilleur. Le résultat n’est pas le plus important » explique Philippe. Autre composante qu’il enseigne dans ses cours : le collectif prime l’individu. Ainsi l’esprit de camaraderie est essentiel : « se saluer avant de combattre, maitriser les coups portés, travailler en binôme car seul point de progrès. »






