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LE KENDO OU L’ART DU SABRE JAPONAIS

Nous avons rendez-vous avec David au SamouraÏ 2000, pour un reportage sur le Kendo, cousin japonais de l’escrime occidentale, pratiqué avec un sabre. Cet art martial est directement issu des techniques d’entrainement des samouraïs quand ils n’étaient pas à la guerre. Comme pour les autres arts martiaux, la France est un pays leader dans le développement des techniques de combats venus du Japon, même si les japonais restent intouchables en grands championnats. Découverte d’un sport atypique, où le port de la tenue et de l’armur donne une dimension à la fois mystérieuse et esthétique, mais surtout utile afin de se protéger des coups de bambou !

L’utilisation du shinaï, sabre en lames de bambou

David Hamelin est professeur principal au Samouraï 2000 depuis 2 ans. Il découvre ce sport en 1996 lors d’un festival d’Arts Martiaux. « Au départ je n’avais pas compris mais cela m’avait intrigué… Et comme je recherchais un nouveau sport après 10 ans de karaté au K.C.O., je suis allé à un cours pour comprendre… Et là, ce fut le coup de foudre je n’ai jamais arrêté depuis : l’esprit de groupe, l’énergie dégagé par les cris (le fameux Kiai), les armures… Tout m’avait plu ! » David devient 3ème dan et enseigne à 18 mordus de kendo les techniques du sabre, mais pas dans n’importe quelles conditions… « Tous nos élèves sont vêtus d’une armure, qui protègent les zones cibles : le dessus de la tête, les avant-bras et le tronc sur les 2 côtés. Nous prêtons le matériel pour les débutants. Bien entendu, nous ne frappons pas avec un vrai sabre, mais avec un shinaï. C’est l’arme utilisée dans la pratique du kendo. Elle est composée de quatre lames de bambou maintenues par des pièces de cuir et une ficelle qui indique le sens de la coupe. Elle est utilisée à l’entraînement pour sa flexibilité et sa très grande résistance aux chocs. » 

Les techniques doivent être précises pour que le Ipon soit accordé

Le yuko datotsu défini le fait de frapper avec précision et intentionnellement, avec la partie appropriée du shinai, une cible valide de l’adversaire, avec un kiai (cri) positif et vigoureux, une posture et un angle corrects du shinai, suivi d’un mouvement de suivi soutenu. « La technique doit être précise pour que le Ipon soit accordé, comme si vrai sabre portait une attaque définitive. Seule un point d’estoque est autorisé, le Tsuki, sur la languette du casque, mais seulement a partir du 3e dan car c’est assez technique » précise David, qui enseigne aussi le Iaido au Samouraï 2000, une forme martiale issue du Ken-jutsu. Si le Ken-jutsu se base sur l’habilité à manier le sabre durant le combat, le laido se définit comme l’art de trancher avec le sabre en dégainant. Les cours se passent avec un sabre et il n’y pas de coups portés, mais plutôt l’apprentissage de katas, des enchainements de techniques.

Plus qu’un sport, un art et un état d’esprit

David loue les bienfaits du Kendo, qui peut être enseigné à des enfants dès l’âge de 10 ans. « Ce sport permet de travailler la cohésion, c’est un sport ou les valeurs sont la discipline, la discrétion, qui exige de ne pas trop se mettre en avant par rapport aux autres. On apprend à reconnaitre la présence de l’autre, car sans l’autre on ne peut pas progresser. Par contre, on encourage nos élèves à ne pas retenir leurs émotions, pour les libérer par le Kiai. Au kendo, il y aussi un vrai travail sur la coordination et la respiration. Les entrainements durent entre 1,5 et 2 h. On commence par des échauffements, puis le travail des Uchikomis, puis à la fin le Gigeko (combat libre avec mise en pratique des Uchikomis). L’armure est mise par palier. » Au Kendo il n’y a pas de ceinture portée – on ne montre pas son grade de manière ostentatoire – « C’est au bout de son sabre qu’on voit le niveau de son adversaire ».  Quant à la progression des grades, pas de couleurs, mais des « Kyu ». Les débutants commencent au 6ème Kyu, puis 5ème et ainsi de suite. Les pratiquants de haut niveau enchainent avec les « Dan », David est 3ème dan quand dans le monde seuls des japonais sont 8eme dan. Les seuls à concurrencer les japonais en compétitions internationales sont les coréens qui ont créé le Kumdo, un dérivé du Kendo.

Bruno Réchard

Bruno Réchard, rédacteur en chef du Petit Sarthois

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