La Sarthe compte environ 221 700 emplois. Son économie reste davantage industrielle que la moyenne française : le tertiaire représente quand même environ 73 % des emplois, l’industrie 17 % et l’agriculture 3,7 %. L’activité est très concentrée autour du Mans, mais les territoires de Sablé-sur-Sarthe et de La Ferté-Bernard constituent également des pôles d’emploi importants (Sources : INSEE, RP 2015 et 2021, exploitation complémentaire. Chômage BIT : INSEE, 2025) L’enquête Besoins en main-d’œuvre de France Travail recensait 18 822 projets de recrutement en Sarthe pour 2025. Parmi eux, environ 14 490 étaient non saisonniers. Surtout, 54,4 % des recrutements étaient jugés difficiles par les employeurs, signe d’un paradoxe persistant : chômage et difficultés de recrutement coexistent.
Le bassin du Mans
domine très largement, avec 11 441 projets de recrutement, soit environ 61% de tous les projets sarthois. Parmi eux, 9 25% sont non saisonniers. C’est donc le marché de l’emploi le plus diversifié du département : services aux entreprises, santé et action sociale, commerce, industrie, construction, transport-logistique, hôtellerie-restauration ou encore fonctions administratives. Mais 53,5 % des recrutements prévus étaient considérés comme difficiles. Le bassin présente par ailleurs un taux de chômage supérieur à celui des autres grands bassins sarthois : 7,9% au 2ème trimestre 2025.
La Flèche
affiche 2 579 projets, ce qui en fait le 2ème bassin sarthois en nombre d’intentions de recrutement derrière Le Mans. Mais 35 % des projets sont saisonniers, proportion la plus élevée en Sarthe. L’hôtellerie-restauration, le tourisme, les services, le commerce, l’agriculture et certaines activités industrielles participent à cette configuration. Autre point : 60,8% des projets sont considérés difficiles à pourvoir. Le bassin cumule donc un volume de recrutement relativement important et des tensions fortes. Son taux de chômage était de 7% au 2ème trimestre 2025.
Avec 2 205 projets de recrutement, le bassin de Sablé-sur-Sarthe
est très différent de celui de l’agglomération mancelle : le territoire bénéficie d’un tissu industriel particulièrement développé, auquel s’ajoutent notamment l’agroalimentaire et les activités de production. Un chiffre est particulièrement intéressant : 48,1 % seulement des projets étaient considérés comme difficiles, soit le taux le plus faible des bassins sarthois étudiés. Le chômage atteignait 5,6 % au 2ème trimestre 2025, très en dessous des 7,9% du Mans.
Le bassin de La Ferté-Bernard
comptabilisait 1 402 intentions d’embauche en 2025 avec seulement 14,7% à caractère saisonnier. C’est cohérent avec le caractère industriel du bassin et la présence d’entreprises de production. 52,5 % des recrutements étaient considérés difficiles. Le taux de chômage se situait à 5,8 % au 2ème trimestre 2025, en légère baisse par rapport au trimestre précédent.
St-Calais, Vibraye, Bessé-sur-Braye :
un pôle de plus de 3 400 emplois
L’est du département constitue un pôle économique significatif. Les trois communes totalisent environ 3 465 emplois pour quelque 2 434 actifs occupés résidant sur leur territoire.
Avec 1 782 emplois, Saint-Calais
constitue le 1er pôle. Sa particularité tient au poids considérable de l’administration, de l’enseignement, de la santé et de l’action sociale, qui représentent près de 54 % des emplois. Commerce, transports et services pèsent 22%, devant l’industrie, à 15%. La commune affiche un indice de concentration de 197 emplois / 100 actifs résidents, signe d’un rayonnement sur son territoire.
Vibraye, une forte identité industrielle :
avec un peu plus de 1 060 emplois, Vibraye présente un profil très différent. L’industrie y occupe une place majeure : elle représente près de 40 % des emplois, soit environ 400 postes. Les ouvriers constituent eux-mêmes 39 % des emplois de la commune. Vibraye affiche par ailleurs un taux de chômage de 8 %, sensiblement inférieur à ceux de Saint-Calais et Bessé-sur-Braye.
Bessé-sur-Braye, un territoire en mutation,
qui compte environ 620 emplois. La commune reste marquée par son passé industriel, mais ce secteur s’est fortement contracté : l’Insee recense environ 140 emplois industriels en 2023, contre 644 en 2017 (fermeture d’Arjowiggins). Commerce, transports et services représentent désormais près de 39% des emplois, devant les employés de l’administration, de l’enseignement, de la santé et de l’action sociale. Le territoire reste confronté à un chômage élevé : 19,8 % des actifs de 15 à 64 ans.
Sources : Insee, recensement de la population 2023. Agrégation de Saint-Calais, Vibraye et Bessé-sur-Braye pour Le Petit Sarthois.
Job Boards: où les rectruteurs trouvent-ils leurs candidats ?
Publier une offre d’emploi ne suffit plus. Face aux difficultés de recrutement, les entreprises multiplient les canaux pour toucher les bons candidats. Sites généralistes, plateformes spécialisées, réseaux professionnels : chaque job board (site web spécialisé en recrutement) possède son public et ses spécificités.
France Travail, Indeed et HelloWork pour toucher largement.
Avec environ 9,5 millions d’offres nouvelles diffusées en 2025, dont une grande partie issue de sites partenaires, France Travail constitue un passage incontournable du marché de l’emploi. À ses côtés, Indeed revendique 7,9 millions de visiteurs uniques par mois en France, tandis que HelloWork dépasse les 5 millions mensuels sur les plateformes de son groupe. Ces acteurs généralistes permettent aux entreprises de rechercher des profils très variés : employés, ouvriers qualifiés, techniciens, commerciaux ou cadres. Pour les PME sarthoises, cette large audience constitue un atout, notamment pour des recrutements de proximité. A noter la percée réalisée depuis 5 ans par Ça recrute en Sarthe, dirigée par Jean-Pierre Fabre, qui compte à date 103 900 abonnés sur le Groupe Facebook. Le Groupe propose gratuitement de poster sa recherche, plus de 100 publications sont enregistrées chaque jour.
Cadres : LinkedIn et Apec jouent une autre carte
Pour recruter des cadres, ingénieurs, commerciaux ou profils spécialisés, LinkedIn et l’Apec occupent une place particulière. L’Apec a enregistré 34,5 millions de visites en 2025 et diffusé ou agrégé plus de 2 millions d’offres. Sa CVthèque comptait près de 763 000 profils en fin d’année. LinkedIn permet, lui, d’aller chercher directement des professionnels, y compris ceux qui ne consultent pas quotidiennement les offres d’emploi. C’est tout l’intérêt du sourcing : au lieu d’attendre que le candidat réponde à une annonce, le recruteur identifie un profil correspondant à ses besoins et prend directement contact avec lui (voir interview page 11).
Des plateformes de plus en plus spécialisées
D’autres acteurs complètent le dispositif. Meteojob met notamment en avant une CVthèque de plusieurs millions de profils actifs et un système de matching entre candidats et offres. Jobijoba agrège les annonces provenant de multiples sources, tandis que Welcome to the Jungle mise fortement sur la marque employeur : présentation de l’entreprise, métiers, équipes, environnement et culture de travail. Le recrutement devient ainsi de plus en plus multicanal. Pour une entreprise, la question n’est plus seulement de savoir sur quel site publier son annonce, mais où se trouvent les candidats correspondant au poste recherché. Job boards, réseaux sociaux professionnels, CVthèques, candidatures spontanées et approche directe sont désormais complémentaires.








