CHEVAL EN SARTHE :  UNE FILIÈRE REMARQUABLE

La filière équine en Sarthe se distingue comme l’une des plus dynamiques et influentes de France. Elle compte près de 2 000 emplois et le département abrite environ 26 000 équidés répartis entre les différentes disciplines tels que les concours hippiques, les courses hippiques, l’élevage, l’équitation de loisir, et bien d’autres. S’agissant des concours hippiques, c’est un pilier de cette filière, avec en premier lieu le Pôle Européen du Cheval, attirant environ 200 000 personnes par an et constituant le 1er centre de concours en France avec 50 000 engagements de concours sur une année pleine (voir p 13). Autre secteur phare, l’élevage équin, qui compte une dizaine de gros élevages qui produisent des chevaux de sport de très haut niveau (voir p9). Plus globalement, La Région Pays de la Loire est reconnue comme une terre de champions et investit activement dans la recherche et l’innovation pour soutenir la croissance durable de cette filière (Saumur, Le Lion d’Angers, le Pôle). Les infrastructures dédiées aux activités équestres sont impressionnantes dans la Région, avec près de 820 établissements, ainsi que des installations modernes pour l’entraînement et la compétition. Les politiques de la Sarthe ont aussi un fort engagement envers la filière équine, souvenons-nous du travail formidable entrepris par notre sénateur Jean-Pierre Vogel pour sortir de l’ornière Covid 19. Et comme au Petit Sarthois on traite ce thème chaque mois dans notre Gazette Équestre, grâce au travail de Catherine Gilot notre pigiste, nous avions envie de vous faire découvrir les grands acteurs de cette filière, mais aussi les petits…. vétérinaires, maréchaux-ferrant, jeunes employés de concours…. Et chose importante… l’équitation n’est pas seulement une filière, c’est aussi et surtout un Art de vivre !

Quelques chiffres de la filière équine en Sarthe

L’Institut français du cheval et de l’équitation (IFCE) documente et édite, grâce au travail de ses observatoires et partenaires, l’annuaire Ecus, véritable document statistique de la filière équine. Il recense en Sarthe 476 élevages où au moins un équidé a été immatriculé en 2024. Ce chiffre progresse de 2% versus 2023. Le nombre total d’équidés en Sarthe avoisine les 26 000 dont 15 100 chevaux de selle et poneys, 6 300 chevaux de course, 3 000 ânes et 1 600 chevaux de trait. Pour la seule filière professionnelle (éleveurs, centres équestres, entraineurs, pensions, etc…), l’effectif était estimé à 15 000 équidés. Concernant les structures, on compte 113 centres équestres mais seulement 30 sont labellisés et constituent le gros des licenciés actifs. La Sarthe dispose par ailleurs de 8 hippodromes en activité, ce qui en fait l’un des départements les mieux dotés de l’Ouest en équipements dédiés aux courses hippiques : Le Mans (trot et galop), Sablé (trot, plat et obstacles), Montmirail (trot), Écommoy (trot), Vibraye (trot), Sillé-le Guillaume (trot), La Chartre-sur-le-Loir (trot) et Mamers. La Sarthe est très marquée par la culture des courses avec plusieurs écuries d’entraînement de niveau national. Les familles Bazire et Abrivard constituent aujourd’hui les locomotives de la filière sarthoise, tandis qu’Éric Libaud représente la référence départementale dans le galop. 

Les métiers de la filière équine en Sarthe

La filière équine représente en Sarthe près de 2 000 emplois directs, répartis entre l’élevage, les centres équestres, les courses hippiques, l’entraînement, les soins aux chevaux et les métiers connexes. Elle constitue l’un des principaux pôles équins du Grand Ouest.  Avec plus de 110 centres équestres et poney-clubs, l’enseignement représente probablement 35 à 40 % des emplois de la filière sarthoise. On y retrouve les moniteurs, enseignants, palefreniers-soigneurs, responsables d’écuries et personnels administratifs. Pour les courses hippiques (300 à 400 professionnels), on recense les métiers d’entraineurs, jockeys, drivers, lads, personnels d’écurie. Ensuite viennent la maréchalerie, sellerie, vétérinaires, dentistes, ostéopathes. Il y a aussi la partie commerce et équipement équestre qui emploie des centaines de personnes (voir p. 17), l’activité de pensions, valorisation, débourrage et travail du cheval (près de 200 personnes en Sarthe). Il convient d’ajouter les éleveurs (476 en tout mais 10 de taille professionnelle), les formateurs, organismes professionnels, sans oublier le Pôle Européen du Cheval qui emploie une cinquantaine d’employés en équivalent temps plein. Au pôle travaillent des chefs de piste, chefs de paddocks mais aussi du personnel pour entretenir le centre de concours leader en France (voir p. 13).

La Société Hippique Française 

La SHF, créée en 1865, est un acteur majeur de la filière reconnu d’utilité publique, elle œuvre au développement de l’élevage et de la valorisation des jeunes chevaux et poneys de sport et de loisir. La SHF organise chaque année un vaste circuit de concours et de finales nationales permettant d’évaluer les aptitudes des jeunes équidés dans différentes disciplines, notamment le saut d’obstacles, le concours complet, le dressage, l’attelage ou encore l’endurance. Véritable trait d’union entre éleveurs, propriétaires, cavaliers et professionnels, elle contribue à la sélection génétique et à la promotion du savoir-faire français. La Sarthe figure dans le groupe de tête national pour l’accueil des compétitions de jeunes chevaux. Elle bénéficie d’une concentration rare d’infrastructures, d’élevages et de professionnels, ce qui lui permet d’organiser nombre de concours SHF largement supérieur à la moyenne des autres départements français.

Les disciplines pratiquées par les amateurs de concours

La Sarthe compte 5 238 licenciés de la FFE, qui pour une bonne partie s’adonnent à leur passion au travers de concours. Les principales disciplines sont d’abord le Concours de Saut d’Obstacles (71,9%) et là comment ne pas évoquer le Pôle Européen du Cheval et notamment le concours Harcour qui attire plusieurs milliers de cavaliers à Boulerie Jump chaque année fin avril. Autre sport olympique très ancré en Sarthe : le fameux CCE pour Concours Complet d’Équitation. Souvent qualifié de triathlon équestre, le CCE associe dressage, saut d’obstacles et cross-country. La Sarthe est depuis plusieurs décennies une place forte dans cette discipline grâce à la qualité de ses infrastructures, à sa proximité avec le Cadre Noir de Saumur et à la présence de cavaliers internationaux installés sur son territoire. Nous avons Thomas Carlile, installé à Savigné-sous-le-Lude, mais aussi Mathieu Lemoine (Champion Olympique par équipe à Rio en 2016), Cédric Lyard (Téloché) et de nombreux cavaliers de haut niveau sur le plan national comme Romane Yacovleff (Souligne-sous-Ballon) Louise Perrin (Le Mans), Abel Sauvat (Allonnes) ou Axel Coutte (Le Lude). Enfin, nous ne pouvons pas évoquer le CCE sans parler de Pascal et Janine Béatrix, qui organisent chaque année des concours complet à Saint-Mars d’Outillé depuis près de 40 ans. Cette culture du CCE en Sarthe remonte aux années 80 et à des figures emblématiques du département qui ont formé des générations de cavaliers de CCE comme Laurent Bousquet, Philippe Rossi et Bernard Detournay en poneys. Le CCE représente une part de 6,5% des concours organisés en France, mais probablement davantage en Sarthe. Autres disciplines pratiquées par ordre d’importance : le dressage (10,7%), l’endurance (6,2%), le Hunter (2,6% mais en forte progression, voir encadré page 13), l’attelage (2,2%).

Bruno Réchard

Bruno Réchard, rédacteur en chef du Petit Sarthois

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