Selon l’INSEE (2025), le nombre de seniors a augmenté de 16,4 % en dix ans en France, près d’un habitant sur quatre a désormais 65 ans ou plus. En 2025, l’espérance de vie s’établit à 85,1 ans pour les femmes et à 79,9 ans pour les hommes. Mais à quel âge devient-on senior ? Une étude Cetelem de 2026 réalisée dans 10 pays Européens auprès de 10 792 personnes indique que les Européens placent le plancher à 62 ans et à 61 ans en France. Autant dire qu’on peut aujourd’hui être senior et rester jeune, en témoignent les temps de Dominique Chauvelier, un papi de 70 ans qui courre encore le marathon en moins de 3h30 ! Pour les autres, précisons qu’on reste en bonne santé de plus en plus longtemps, comme le prouvent nos seniors interviewés : Anne toujours active dans l’immobilier, Odile ceinture bleue de karaté, Lyliane ardente défenseuse des animaux, Marc le maquetiste, Jean-Baptiste et ses percherons, Eric ou Jean-Yves. Ils jardinent, lisent, voyagent, travaillent, s’engagent… mais aussi regardent leurs écrans, passent du temps avec leurs proches et réinventent leur quotidien.
Le moral est bon en Europe, mais les Français restent les plus pessimistes
Malgré des crises internationales qui s’inscrivent durablement dans les esprits, le moral des Européens à l’égard de leur pays reste bon et stable en 2026. Ainsi, l’étude Cetelem publiée en février 2026 indique la note sur une échelle de 1 à 10 pour décrire la situation de leur pays atteint 5,2 points pour la seconde année consécutive. La France s’illustre est toujours à contre-courant, enregistrant avec la Roumanie la note la plus basse : la perception de la situation globale du pays s’établit à 4,7 points cette année (+0,1 point par rapport à 2025). Concernant la situation personnelle, celle des Européens progresse légèrement, à 6,1 points (+0,1 point), tout comme celle des Français qui atteint 6 points (+0,1 point). Le différentiel entre les notes de satisfaction concernant la situation de leur pays et leur situation personnelle conduit les Européens à se montrer circonspects quant à leur situation financière. Seul un quart d’entre eux (26%) estime qu’elle est meilleure que celle de la majorité des autres habitants, une proportion qui est similaire en France (24%).
Pouvoir d’achat : des perceptions diverses
4 Européens sur 10 (40%) affirment que leur pouvoir d’achat a baissé au cours des 12 derniers mois, marquant la stabilité avec l’année précédente (39% en 2025). Presque la moitié des Français (47% contre 48% en 2025) déclarent être confrontés à cette réalité, la proportion la plus élevée juste derrière les Roumains (53%). A noter que cette part est plus grande chez les seniors, puisqu’un senior sur 2 a cette perception. L’examen des résultats depuis la crise sanitaire fait apparaître des poussées nettes et opposées. Malgré un score toujours très élevé, les Français sont les plus enclins à constater sur cette période un recul de la perception de la baisse de leur pouvoir d’achat (-12 points entre 2019 et 2026). A l’inverse, les Allemands et les Roumains s’enfoncent dans le pessimisme (respectivement +21 et +20 points).
Les seniors vus comme une chance
Alors que la dénatalité augmente et que le vieillissement de la population s’accélère, la population des seniors fait aujourd’hui l’objet de maintes attentions. Près de 7 Européens sur 10 (68%) estiment que les seniors dans leur pays sont une chance pour la société, un chiffre qui est similaire en France (69%). Pour un tiers des Français (33%), le vieillissement de la population est un enjeu très important dans leur pays, un chiffre inférieur à la moyenne européenne (40%). Les Européens s’accordent pour juger que la querelle des anciens et des modernes n’aura pas lieu d’être. Près de 6 d’entre eux sur 10 (58%) affirment que les relations intergénérationnelles sont bonnes, avec la France qui se situe dans la moyenne (57%).
Santé et bien-être, des enjeux majeurs pour demain
La santé constitue, de loin et quelle que soit la tranche d’âge, le principal centre d’intérêt des Européens. Pour 8 d’entre eux sur 10 (79%) et pour 9 seniors sur 10 (91%), vieillir en bonne santé est une priorité. Cette préoccupation est au plus haut en Italie (85%) et en France (83%). Le renforcement du système de santé est par ailleurs perçu comme la mesure la plus prioritaire à mettre en œuvre pour plus d’un tiers des Européens (38%) et pour près de la moitié des seniors (48%). La santé est un enjeu d’avenir pour lequel le recours aux nouvelles technologies (télémédecine, IA, médecine prédictive) sera un atout. Ainsi, 4 seniors sur 10 utilisent ou sont prêts à y recourir dans un proche avenir. Vieillir chez soi est un enjeu clé pour les seniors : 83% d’entre eux y sont attachés, alors que la moyenne en Europe est de 65%. Cet attachement marqué au « home sweet home » est particulièrement prononcé dans les pays de la « vieille Europe », avec la France, l’Allemagne et l’Italie en tête (71 %, 69 % et 69 %). Toutefois, vivre chez soi de façon autonome ne peut se concevoir que dans un cadre de vie de qualité. De fait, parmi toutes les mesures qui pourraient l’améliorer, 1 senior sur 2 (50%) privilégie l’adaptation du logement des personnes âgées pour leur rendre la vie plus facile et plus agréable. Enfin, les seniors aiment se faire plaisir tout en restant raisonnables : 9 d’entre eux sur 10 (91%) souhaitent se faire plaisir de temps en temps et recherchent le confort (88%). En matière de dépenses superflues, 8 seniors sur 10 (80%) les évitent, contre 69% chez les moins de 60 ans.
Bien vivre pour soi et pour les autres
Les séniors seraient-ils des épicuriens qui s’ignorent ? On serait tenté de le croire puisqu’ils souhaitent avant tout se faire plaisir, profiter du confort dont ils estiment avoir besoin, sans pour autant assouvir cette double quête par des dépenses superflues. Se faire plaisir en somme, mais pas à n’importe quel prix. Sur ces trois items, les différences générationnelles sont sensibles. 91 % des séniors souhaitent se faire plaisir de temps en temps. L’âge est souvent associé à la responsabilité, voire à la sagesse. Une consommation plus responsable est observée chez les seniors depuis 10 ans. Ainsi, plus d’1 senior sur 3 préfère faire réparer un produit plutôt que de l’acheter à nouveau (35% en Europe et en France). L’occasion et le reconditionné séduisent aussi plus du quart des plus de 60 ans (27%, 30% en France). Les loisirs sont la priorité des seniors dans l’ensemble des pays étudiés. 7 d’entre eux sur 10 (70%) considèrent consacrer suffisamment de temps à leurs loisirs au cours d’une semaine normale, une proportion qui atteint 3 seniors français sur 4 (74%). Concernant les plateformes de services, les seniors se montrent moins adeptes des abonnements que les moins de 60 ans. 4 seniors sur 10 (42%) et un tiers des seniors en France (33%) sont abonnés à une plateforme de streaming vidéo. Et à peine 15% des seniors et 10% des seniors français sont abonnés à une plateforme de streaming musical. S’agissant de consommer via les outils numériques, ils reconnaissent à la fois des bénéfices tout en pointant des effets négatifs. En fonction des pays, selon les différents aspects considérés, les avis sont fluctuants et plus ou moins géographiquement partagés. Les Français, les Belges et les Allemands composent un trio de sceptiques. Les Portugais, les Espagnols, les Italiens, les Polonais et les Roumains se rassemblent dans un quintette enthousiaste. Les Suédois et les Britanniques affichent leur proximité pour exprimer des points de vue partagés.
Enquêtes quantitatives menées par Toluna Harris Interactive en ligne et en simultané dans 10 pays d’Europe : Allemagne, Belgique, Espagne, France, Italie, Pologne, Portugal, Roumanie, Royaume-Uni, Suède. 10 échantillons représentatifs de la population nationale de chaque pays, âgée de 18 à 75 ans, interrogés du 19 novembre au 01 décembre 2025. Au total, 10 792 personnes ont été interrogées. 3 133 interviews ont été réalisées en France et plus de 800 dans chacun des autres pays. La représentativité est assurée par la méthode des quotas et un redressement appliqué aux variables suivantes : sexe, âge, région d’habitation et niveau de revenus (ou catégorie socio-professionnelle) des interrogés dans chacun des pays. Chaque pays a ensuite été remis à son poids au sein de l’échantillon global. Les analyses et les prévisions de marchés ont été réalisées en partenariat avec la société d’études et de conseil C-Ways. Les prévisions économiques sont issues de la recherche économique de BNP PARIBAS.







