24H ÉDITION 2026 : UNE BATAILLE FÉROCE DANS LES 3 CATÉGORIES !

Les 24 Heures du Mans 2026 sont la 94e édition des 24 Heures du Mans. Elles constituent la 3e épreuve du Championnat du monde d’endurance FIA 2026 (WEC).  Cette édition confirme l’extraordinaire succès populaire que connait l’endurance depuis 2023 et l’édition du centenaire : billetterie prise d’assaut, arrivées prochaines de nouveaux grands constructeurs en Hypercar après Genesis, BMW et Aston Martin (Ford et Mc Laren, excusez du peu !). André Lotterer explique bien en page 15 l’attrait des courses d’endurance pour les constructeurs automobiles tels que Genesis (marque premium de Hyundai) : l’endurance valorise le constructeur et les voitures, quand la F1 elle de son côté déifie les pilotes. Du coup toutes les marques se battent pour participer au WEC et à l’EMLS afin de leur apporter une élégance athlétique. L’édition 2027 battra certainement du coup un nouveau record du nombre d’Hypercars participantes… Afin de comprendre cet engouement pour les 24 Heures du Mans après les années sombres 2020 et 2021, le Petit Sarthois est allé à la rencontre des pilotes et des écuries, et vous propose d’entrer dans les coulisses de cette course fabuleuse, qui permet à notre ville et notre département de rayonner à travers le monde. 

La refonte de la réglementation en 2022 : un virage réussi pour l’ACO et le WEC.

En réponse à la période difficile vécue en LMP1 de 2017 à 2022 (Toyota unique constructeur dans la catégorie reine), la Fédération internationale de l’automobile (FIA), l’Automobile club de l’Ouest et l’IMSA (qui organise le championnat nord-américain d’endurance) ont planché sur une nouvelle réglementation dont l’objectif était à la fois de limiter les coûts et d’ouvrir les horizons. C’est devenu la réglementation LMH (Le Mans Hypercar), avec une déclinaison pour le championnat nord-américain baptisée LMDH (Le Mans Daytona Hypercar). Les constructeurs avaient ainsi l’assurance de pouvoir aligner leurs voitures dans 2 championnats pour un même investissement de départ. Ainsi à partir de 2023, les constructeurs ont retrouvé le chemin des circuits d’endurance. Le retour de Ferrari (absent en prototype depuis la crise pétrolière de 1973) a donné un gros coup de boost à la discipline, avec 3 victoires aux 24 heures du Mans en 2023, 2024 et 2025. Cadillac, Peugeot, BMW, Aston Martin se sont ensuite joints à la fête, et Toyota a continué de remporter les titres mondiaux en 2023 et 2024, mais pas en 2025 (Ferrari). En 2026, c’est au tour de Hyundai, via sa marque premium Genesis, de rejoindre l’Hypercar. Pour 2027, les participations de McLaren et de Ford ont été confirmées ! Seuls bémols les arrêts de Porsche et d’Alpine… mais la voracité des constructeurs asiatiques qui souhaitent pénétrer le marché occidental va faire le jeu du WEC, on parle déjà de l’arrivée de BYD dans les paddocks… et aussi d’un certain Max Verstappen qui a toujours rêvé de gagner au scratch au Mans ! 

Hypercar : Une bataille de titans sur la piste.

Après avoir raflé 3 fois les 24 heures du Mans, Ferrari a décroché l’an dernier le titre constructeur alors que ses équipages ont signé un triplé au Championnat des pilotes, avec la couronne pour le trio Pier Guidi-Giovanezzi-Calado. Mais la nouvelle gamme de pneus développée par Michelin pourrait redistribuer les cartes, comme on l’a vu à Spa-Francorchamps ou les Ferrari sont arrivées 3e, 6e et 15e. Alors que la 499P n’a pas connu d’évolutions majeures en début de saison, Toyota a grandement fait évoluer son prototype et aura de grandes ambitions au Mans. BMW a également revu la copie au niveau de l’aéro, principalement à l’avant, et cela a porté ses fruits à Spa avec les 2 voitures aux 2 premières places ! Ferrari devra aussi se méfier de Cadillac, toujours très offensif (3 poles et une victoire l’an dernier). Enfin il faudra compter sur Peugeot qui a montré de belles choses à Spa (7e) sous la houlette d’un nouveau team principal, Emmanuel Esnault. Quant à Alpine, elle mettra un point d’honneur à briller avant le clap de fin décidé par le Groupe Renault. Il semble qu’Aston Martin et Genesis, s’ils ont connu un certain succès à Spa (respectivement 4e et 8e), n’aient pas les cartes en main pour viser raisonnablement le podium au Mans. En synthèse nous avons 2 favoris : Ferrari et Toyota. Mais la fameuse BOP (Balance de Performance) qui sera spécifique au Mans, n’étant plus publiée cette saison, il est difficile d’estimer le potentiel de chaque Hypercar. Ne serait-ce finalement pas une chance pour le spectacle ? 

Doriane Pin (LMP2) et Lilou Wadoux (LMGT3) viseront la gagne !

La catégorie LMP2 verra concourir 19 prototypes. L’équipe Inter Europol tentera de réitérer sa performance de l’an dernier. Parmi les pilotes, on retrouvera l’énorme Kévin Estre au volant du prototype n°14 du Team TDS Racing, auteur de l’exploit avec Porsche en Hypercar l’an dernier (2e). Julien Andlauer, autre ancien de l’Hypercar, partagera le volant de la n° 30 de l’équipe Duqueine avec Doriane Pin, étoile montante du sport automobile français (pilote d’essai Mercedes en F1). Romain Dumas, double vainqueur des 24 Heures du Mans en 2010 et 2016, fait aussi son retour après 3 ans d’absence, au sein de sa propre équipe RD Limited. Suivre la LMP2, c’est souvent profiter d’une lutte roue dans roue, jour et nuit. L’ACO rappelle qu’il faut remonter à 2019 pour retrouver plus d’un tour d’écart entre le 1er de LMP2 et le 2ème à l’arrivée. La catégorie est donc hyper disputée, chacun ayant le même châssis et le même moteur, contrairement à l’autre catégorie proto (Hypercar). La catégorie LMGT3 sera la plus représentée, avec 25 voitures engagées issues de 9 constructeurs. Ces GT sont proches des modèles de route, ce qui les rend très parlantes pour l’œil du passionné. Porsche a remporté les 2 dernières éditions, mais la concurrence s’annonce multiple, avec la Lexus RC F LMGT3 n°87 de l’équipe Akkodis ASP Team, confiée au vainqueur 2021 José María López. On note la présence de la Française Lilou Wadoux sur une Ferrari 296 engagée par le Team Richard Mille AF Corse (voir interview page 11).

L’ambiance sur la piste, mais aussi dans les fanzones.

L’ACO met le paquet depuis le show du centenaire : départ donné par des stars (cette année MarK Cavendish), multiples concerts de chanteurs ou DJ en vogue (voir programme pages 8 et 9), démultiplication des fanzones, spectacles et animations aux 4 coins du circuit… Ludovic Arnault, Directeur Opérationnel Adjoint à l’ACO résume bien dans notre interview page 19 la nouvelle politique menée : « Nous avons rédigé un schéma directeur pour structurer les investissements sur le long terme. Un nouveau PC sécurité, un Centre Médical Piste à la pointe ont vu le jour, des nouvelles passerelles pour fluidifier la circulation des spectateurs. Nous avons créé des fanzones et étoffer nos structures de confort (restauration, zones de repos, sanitaires, voies de circulation).» Les courses organisées au circuit profitent aussi de l’engouement en général des français pour l’événementiel, «Notre billetterie est en «sold out» 1 semaine après ouverture» s’enthousiasme Ludovic Arnault. Ce succès s’explique par 3 raisons : un plateau sportif exceptionnel, une meilleure expérience spectateur et l’engouement général pour l’événementiel post Covid 19.

Bruno Réchard

Bruno Réchard, rédacteur en chef du Petit Sarthois

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