Journée découverte du métier de maroquinier

DE LA FERTÉ-BERNARD À LA  FORÊT AMAZONIENNE GUYANAISE  

« Les voyages forment la jeunesse ».  Ce dicton, Vincent Bironneau, Directeur de la MFR Les Forges de La Ferté-Bernard, l’a intégré depuis 6 ans au parcours pédagogique de ses élèves en BTS gestion et protection de la nature. « L’Amazonie, on ne peut pas rêver mieux dans le monde pour que les élèves soient confrontés à la nature sauvage. » Entre le 2 mars et le 17 mars, 23 élèves de La Ferté-Bernard, encadrés par 8 formateurs, animateurs ou naturalistes, sont en effet partis arpenter la forêt amazonienne pour une approche de la biodiversité dans son ensemble, ainsi que la rencontre avec différents acteurs du territoire guyanais. Ce voyage permet de s’exercer sur différents taxons (genre, famille, espèce, sous-espèce des classifications des êtres vivants) comme l’entomologie, l’herpétologie, l’ornithologie, la botanique.

Le Petit Sarthois édite chaque été depuis 6 ans un Dossier Nature en Sarthe, et nous avons trouvé le voyage si génial, que nous avons décidé de vous le raconter, ou plutôt de laisser les élèves le faire, au travers de 6 pages de reportages écrites par les 23 jeunes fraichement rentrés de ce périple extraordinaire.

Un budget de 70 000 € récolté grâce aux actions des étudiants

Les 23 élèves n’ont pas chômé lors des mois précédents, organisant des ventes de viennoiserie, de saucissons, une tombola, se déguisant même en lutins lors du marché de Noël pour récolter des fonds. « L’essentiel du budget est quand même composé des fruits de leurs chantiers nature, comme le nettoyage de zones nature chez les particuliers » souligne Katia Delhommeau, formatrice à la MFR pour cette classe qui se destine à des métiers en lien avec la Nature. « Nous participons aussi chacun à hauteur de 500 €, grâce à la paye que nous recevons de nos entreprises, qui nous emploient en alternance » précise Maël, l’ainé des étudiants (26 ans), en alternance au Département de la Sarthe, au service de la protection de la Nature. Ce voyage, point d’orgue de l’année étudiante, est inscrit sur le contrat d’alternance, partie essentielle du programme pédagogique. « La préparation du voyage est aussi l’occasion de souder le groupe, de prendre des initiatives au sein d’un projet collectif qui motive et fait rêver. Avancer en groupe, être solidaire et s’entraider sont des valeurs que l’on défend à la MFR Les Forges » commente Vincent Bironneau, qui souligne l’aspect magique de ces voyages qui permettent aux élèves d’acquérir des compétences techniques, mais aussi en logistique, et bien entendu une expérience de vie sur le plan humain.

La Guyane, entre paradis et enfer pour de jeunes sarthois en herbe

La forêt amazonienne regorge d’insectes et d’arachnides, comptant 524 familles d’arthropodes comme des scorpions, des araignées ou encore une multitude de papillons colorés. Côté végétal, la flore guyanaise est tout aussi impressionnante, avec plus de 6 000 espèces de plantes, dont des orchidées rares et des arbres majestueux. Les étudiants ont dû composer avec un climat tropical, une chaleur étouffante (35°c) et une humidité suffocante, dormant la nuit dans des hamacs munis de moustiquaires dans les fameux carbets (abris de bois avec poutres). L’un des moments forts raconté en page 17 est le voyage en petit avion de 20 places au cœur de la forêt amazonienne à Saül, village de 50 habitants uniquement accessible par les airs. Il faut dire que la Guyane, qui jouit d’un statut particulier appelé collectivité territoriale avec une assemblée guyanaise, est un territoire couvert de 97% de forêt équatoriale, l’un des plus riches du monde en biodiversité. Paradoxalement, c’est le seul territoire d’outremer qui n’est pas insulaire, mais qui pourtant vit comme une île, pris en étau entre l’océan atlantique et la forêt amazonienne.

Un voyage initiatique fait de multiples rencontres

Il y a bien entendu l’observation de ce paradis de biodiversité, permettant aux amateurs de photos de rapporter des clichés de rêve que vous verrez dans les pages suivantes : caïman noir, boa constrictor, mygale Goliath, ara, singe hurleur…. Autant de noms qui font froid dans le dos… Mais ce qui frappe le plus à écouter les élèves nous raconter leur aventure, c’est les insectes : 10 000 espèces en Guyane ! 

Mais cette fabuleuse biodiversité a besoin  de préservation. Car l’un des objectifs majeurs de leur cursus est bien d’apprendre à connaitre pour ensuite savoir protéger cette richesse. Rendez-vous compte : la Nature est en fait comme un Grand Service Recherche et Développement qui agit depuis des centaines de millions d’années pour parfaire des espèces en symbiose avec leur écosystème. Et les étudiants se destinent pour nombre d’entre eux à assumer des carrières de protecteurs de la Nature. Vincent Bironneau l’a bien compris en envoyant chaque année ces élèves contempler le plus grand spectacle sauvage à ciel ouvert que la terre est à même de porter. Mais la dimension humaine n’est pas oubliée dans ce voyage… 

Rencontres animales… mais pas que….

En cuisinant les élèves sur leurs soirées, avant d’entrer dans les bras de Morphée, ils ne rechignaient pas à passer chez Lulu boire un verre, et jouer à quelques parties de dominos à la sauce guyanaise… Lulu, pour qui toute ressemblance avec le chien du Petit Sarthois ne nous a pas été rapporté, restera dans les cœurs des élèves par son humour et sa gentillesse, avec qui les couche-tard aimaient à plaisanter le soir autour d’un verre de rhum, comme le rapporte Manon, une élève de la classe. Quant aux repas, Rémi nous explique « qu’ils mangeaient très bien le soir autour de repas à base de riz », quand Josuha rappelle que « la difficulté résidait plutôt autour de la gestion de l’eau, qui n’est pas potable en Guyane pour les métropolitains ». De l’eau potable était donc distribuée chaque matin, 2 litres par personne, et les repas les midis étaient à base de sandwiches préparés par le fameux Lulu.

La dimension écologique revêt en Guyane une importance vitale pour la planète

Katia Delhommeau, formatrice qui a été un relais pour Le Petit Sarthois, rappelle que « le réchauffement climatique touche aussi la Guyane, dont la récolte de fruits n’a pas été bonne en 2024. » Une hausse des températures, une saison sèche plus sévère et une diminution des pluies préoccupante pour la forêt tropicale, l’élévation du niveau de la mer… : le rapport GuyaClimat, réalisé par Météo France et le BRGM en 2022, a sonné l’alerte pour la Guyane. Nos étudiants ont aussi pris connaissance des écocides menés par les orpailleurs (chercheurs d’or). Ainsi Glen nous explique que « les forêts et les rivières sont par endroits dévastées, les populations sont menacées et parfois contaminées, car l’orpaillage illégal est un fléau social, sanitaire et environnemental en Guyane. » Heureusement, les légionnaires français luttent contre ce fléau, en détruisant les matériels, mais est-ce que les moyens sont suffisants ? Bonne nouvelle il y a 2 ans, la montagne d’or, projet pharaonique d’exploitation d’une énorme mine d’or, avait été refusé par le gouvernement français. 

« La Guyane possède une forêt de 3,5 millions d’hectares, c’est un poumon pour la planète qu’il est impératif de préserver » nous indique Alexandre, qui gardera dans sa mémoire à jamais ce voyage inoubliable.

Bruno Réchard

Bruno Réchard, rédacteur en chef du Petit Sarthois

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