SÉBASTIEN BOURDAIS :  « CADILLAC & JOTA POURSUIVENT LEUR PROGRESSION »

Nous le retrouvons chaque année depuis 5 ans et c’est un réel plaisir de l’interviewer. Cadillac, Jota, Wec, Le Mans, autant de sujets abordés avec précision et sérénité… Une sorte de maturité pour le pilote manceau qui reste au top niveau dans la catégorie reine de l’Hypercar. Il revient sur ses terres avec la ferme intention de concrétiser en course la belle performance accomplie en 2025 en figurant en première ligne des essais qualificatifs au Mans.

D’abord un coup d’œil dans le rétro sur les 24 Heures du Mans 2025…

Satisfaction d’être en première ligne mais frustration de ne pas figurer sur le podium à l’arrivée. La voiture était extrêmement performante dans les virages, les chicanes, mais n’exploitait pas la puissance allouée dans les lignes droites. Donc ce qu’on gagnait dans certains secteurs on le perdait dans d’autres. Or au Mans la voiture qui gagne est celle qui a la meilleure vitesse de pointe car c’est un tracé ultra rapide. On a quand même réussi à décrocher le meilleur tour en course en 3’26’’06… mais c’était lié à un tour clair sans trafic dans les passages sinueux. Nos voitures sont à l’arrivée mais le classement a été un peu décevant (la n°12 #4, la n°38 #7), compte tenu des espérances entrevues en qualifs (#1 et #2).

Comment avez-vous amélioré la voiture cet hiver ?

La voiture est repassée en soufflerie et nous avons un nouveau kit aéro : les déflecteurs sur l’avant ont disparu, les ailerons à l’arrière ont été revus, les appuis et les trainées donnent un résultat plus efficace. Globalement la voiture a plus de potentiel aérodynamique, ce qui devrait améliorer sa Vmax (vitesse max). Autre point, nos ingénieurs ont réglé la maitrise de la puissance allouée, en étant plus précis dans l’optimisation de la réglementation. Cela devrait nous permettre de gagner en puissance dans les sorties de virages, ce qui nous avait manqué l’an dernier en sortie du Tertre rouge, du virage de Mulsanne ou des chicanes des Hunaudières.

Le début de saison a été chamboulé, notamment l’annulation de la course au Qatar…

Oui le mois de mars a été calme du coup… En avril on a enfin pu rouler à Imola, mais un mauvais choix de pneus nous a repoussé loin sur la grille de départ (16e) et là-bas c’est difficile de doubler. Néanmoins on a senti que la voiture progressait, avec une meilleure « race ability » dans les turbulences aérodynamiques créées par le trafic. À Spa on a été rapide tout le week-end, longtemps en lice pour la victoire mais malheureusement nous n’avons pas pu concrétiser à cause d’une panne mécanique. 

A propos des pneumatiques, que pouvez-vous dire des nouveaux pneus Michelin ?

Ils sont plus proches les uns des autres (soft, medium, dur) que la gamme précédente. Les « soft » tiennent bien sans dégradation rapide. Il semble qu’à froid ils aient aussi un meilleure « gripp ».

Niveau concurrence, que pensez-vous du plateau 2026 ?

Toyota a beaucoup progressé. Ferrari reste l’écurie à battre… Clairement les LMH (Toyota et Ferrari) sont au-dessus des LMDH. Le dernier arrivé Genesis montre un beau potentiel et a déjà marqué des points au championnat. Pour nous l’objectif est de faire mieux qu’en 2025 en visant le podium pour une des 2 voitures. Chez Jota ça bosse dur et maintenant tout le monde se connait donc cela ne peut que progresser.

Bruno Réchard

Bruno Réchard, rédacteur en chef du Petit Sarthois

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