Pharo - Architectes et Urbanistes

UN POLITIQUE AU CŒUR DE LA BATAILLE POUR L’EMPLOI

Jean-Luc Catanzaro

Élu à La Milesse, vice-président du Conseil régional délégué à la formation et à l’emploi, nous avons rencontré Jean-Luc Catanzaro, un homme de terrain, pragmatique aux multiples casquettes. En effet, outre ses responsabilités politiques, il est également gérant d’entreprises et a connu un parcours atypique qui le conduit à s’investir dans la vie associative : il œuvre au quotidien auprès des plus démunis pour les aider à retrouver des solutions, un toit, un emploi… Ses riches expériences lui permettent de porter un regard avisé à 360° sur la conjoncture actuelle et les difficultés de recrutement que connaissent actuellement les entreprises sarthoises.

Comment appréhender le marché de l’emploi en cette fin 2021 ?

La Région des pays de la Loire a un des plus bas taux de chômage (6,8%), et en Sarthe le chômage a baissé mais reste encore à 7,8 % 1. La difficulté pour les entreprises c’est de recruter. Actuellement, c’est souvent plus compliqué de trouver un salarié qu’un client ! Au regard de la forte demande actuelle, les « non-actifs disponibles » sont souvent confrontés à des freins de types : mobilité, pas de permis de conduire, problèmes de garde d’enfants, manque de qualification…. Dans ce cadre, pour les actifs en reconversion et les demandeurs d’emploi, la Région finance de nombreuses actions d’accompagnement et des formations professionnelles en 3 volets favorisant le retour à l’emploi : PREPA pour préparer et accompagner son projet professionnel, VISA pour se qualifier à un métier et ACCES pour accéder directement à l’emploi. Avec son Plan de bataille régional pour l’emploi et le plan de relance régionale, elle propose de nombreuses nouvelles réponses aux difficultés de recrutement, comme par exemple, le financement de 7 000 permis de conduire de chômeurs de moins de 26 ans, des formations courtes sur le poste, ou encore un dispositif d’accompagnement global afin de tenir compte de tous les freins.

Quelle politique les pouvoirs publics doivent-il mener ?

Ce qui est essentiel, c’est que le fait de travailler doit être plus rémunérateur que la non-activité. Il y a des pistes qui dépendent de la politique nationale, comme la « prime d’activité » qui a été revalorisée, c’est bien, mais peut-on aller plus loin ? Autre mesure souvent évoquée, la baisse des charges pour les salariés entre le brut et le net et pour les entreprises, une partie du chemin a été faite, mais peut-on là encore aller plus loin ? Par contre, on touche à un sujet complexe (pour ne pas dire tabou) la baisse ou/et la rationalisation des dépenses publiques. On en parle depuis 20 ans comme pour la simplification administrative et …. (Silence).

Notre seule boussole c’est l’action et la proximité

Est-ce qu’une augmentation des salaires ne serait pas une solution ?

C’est un des leviers pour revaloriser le travail, mais attention « Qui va payer la note ? ». Les impacts sont différents en fonction des secteurs d’activités selon qu’ils sont en concurrences ou pas avec l’international afin de ne pas amplifier l’écart de compétitivité…. Je fais confiance aux entreprises et aux branches et les représentants du personnel pour raisonner par secteur. Il faut aussi anticiper le risque d’inflation…. Sans compter les hausses des prix des matières premières actuelles. Donc il convient d’être prudent, pour ne pas pénaliser les entrepreneurs qui embauchent et éviter une inflation qui pourrait compromettre la reprise.

Quelles sont les grandes actions de la Région en faveur de l’emploi ?

La région travaille fortement sur l’orientation, l’accompagnement de l’apprentissage et la formation et donc L’emploi. Nous avons co-écrit des contrats d’objectifs sectoriels en réunissant l’intégralité des acteurs : les Opcos, les fédérations professionnelles, les syndicats de salariés, les autorités académiques, les services de l’État et le pôle emploi. Ainsi pour les 11 secteurs repérés pour ces dialogues sectoriels, il y a des métiers qui ont été identifiés comme prioritaires : certains contrats sont déjà finalisés comme pour la construction, les entreprises de proximité ou le secteur inter-industries. Quatre axes importants : l’observation des besoins et des évolutions des métiers, l’orientation des jeunes vers les métiers porteurs, la formation professionnelle initiale et continue (< de 50 000 apprenants pour 239 M€ de budget en 2021) et enfin, quatrième point, le recrutement. Notre seule boussole c’est l’action et la proximité. Je crois à l’effort, au travail, au mérite, à la responsabilité et aussi aux solidarités. Notre vocation est d’accompagner cette dynamique par des actions concrètes et mesurables. Nous travaillons actuellement à la mise en place d’un plan de mobilisation sur les métiers en tension avec la même méthode : concertation de tous les acteurs et actions concrètes, notamment par la levée des freins comme la mobilité, la garde d’enfant ou le logement.

  1. Données Pôle Emploi – juillet 2021

Bruno Réchard

Bruno Réchard, rédacteur en chef du Petit Sarthois

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