M24, LE NOUVEAU MUSÉE INTERNATIONAL DU SPORT AUTOMOBILE 

L’Automobile Club de l’Ouest a mis le turbo depuis l’édition du centenaire ! Nouvelles tribunes, centre médical piste à la pointe, nouveau PC sécurité, création de nouvelles « Fanzones » … En 2026, l’A.C.O. pose une nouvelle pierre à l’édifice de ce circuit à nul autre pareil dans le monde par l’inauguration du M24, le nouveau musée du sport automobile, dont l’objectif est de devenir La référence mondiale dans le domaine. Afin de comprendre l’ampleur du bijou qui vient de voir le jour dans la Sarthe, nous avons rendez-vous avec Fabrice Bourrigaud, le Directeur du Musée et plus généralement en charge du patrimoine et de l’héritage culturel de ce qui fait la fierté des sarthois depuis 100 ans. Ce n’est pas simplement un musée qui vient d’ouvrir ses portes, mais bien un lieu culturel abritant la plus grande collection d’œuvres d’arts mécaniques dans le monde. Si ce projet a pu voir le jour avec l’inauguration du 28 mai dernier, c’est grâce au travail réalisé depuis des années par le collectionneur privé Richard Mille, un horloger français d’exception passionné de sport automobile. Mais aussi au travail de l’ACO, qui cumule depuis 1961 une collection exceptionnelle, date de l’ouverture du premier musée au circuit sarthois.

Comment est né ce projet M24 à l’ACO ?

« Pour préparer l’avenir, il convient de bien connaitre son passé » disait Winston Churchill ! L’Histoire du musée a commencé en 1961, avec le patron de l’Automobile Club de l’Ouest Jean-Michel Lelièvre (aussi patron des Mutuelles du Mans) qui avait lancé avec le maire du Mans Jean-Yves Chapalain le premier musée. Il était à l’intérieur du circuit, et aujourd’hui sa trace est restée puisque son nom a été donné au virage du musée où il était localisé. Trente ans plus tard, l’ACO a cédé le musée au Conseil Départemental, qui l’a modernisé à son emplacement actuel Porte Nord. Durant ces années la fréquentation tournait autour de 65 000 spectateurs par an en moyenne, jusqu’au rachat par l’ACO en 2017 avec déjà en tête un projet ambitieux que j’ai eu la chance de porter avec Pierre Fillon notre président et Richard Mille notre collectionneur partenaire. Le projet est de devenir LA référence internationale dans le domaine avec 300 000 visiteurs en 2027. Des expositions permanentes et des expositions temporaires, en mettant en scène 400 œuvres d’arts mécaniques parmi les 800 que nous avons à notre disposition !

Quelles sont les grandes lignes du projet ?

D’abord ouvrir M24 au Sport Automobile en général : la Formule 1, le Rallye, l’Indycar, et bien entendu les courses d’endurance avec en point d’orgue les 24 heures du Mans bien entendu. Ensuite moderniser la mise en scène en rompant avec les schémas traditionnels (chronologiques, statiques…). Nous avons par exemple 5 grands tableaux : l’avant course, le départ, la nuit, les stands et enfin l’arrivée. Par exemple pour la scène de nuit, le noir va s’installer, les murs vont s’animer, les phares vont s’allumer, les disques de freins vont rougir… L’objectif est de vivre une expérience émotionnelle avec les bruits et les sons comme si vous y étiez… Pour un projet d’une telle ampleur, il fallait gagner de la place : nous avons donc doublé la surface d’exposition pour un total de 10 000 m2. Cet écrin, constitué d’une partie flambant neuve née de l’esprit de l’architecte Frédéric Audevard, a l’ambition d’animer le musée avec des expositions permanentes mais aussi temporaires, d’y intégrer des animations pour faire vivre les lieux.

Outre les 5 tableaux dont vous avez parlés, quels sont les autres ingrédients du M24 ?

Des pépites exceptionnelles, comme la légendaire Bentley 3 litres victorieuse de l’édition des 24 Heures de 1924. Elle vient d’être restaurée en Angleterre à l’authentique. C’est d’ailleurs un paramètre essentiel pour nous : pas de réplique, pas de show car… Nous avons aussi la première Ferrari championne du Monde de F1 en 1952, ou la Ferrari championne du Monde de 2002 pilotée par Michael Schumacher. Si nous exposons des voitures provenant de tous les sports, la colonne vertébrale du M24 reste les 24 Heures du Mans. Ainsi les fans pourront voir les 4 800 voitures en miniature (1/43ème) ayant concouru aux 24 Heures. De même nous avons reproduit deux « duoramas » (maquette) mais à l’échelle 1/1 dont l’un est consacré à la course mythique du Mans. L’autre concerne la Formule 1, pour laquelle nous avons aussi un portrait d’Ayrton Senna avec l’une de ses combinaisons, dans la partie du Musée appelée « allée des héros ». En fait peu de gens s’en souviennent mais en 1967, Le Mans avait accueilli un Grand Prix de F1. Enfin, on ressortira du musée en présentant 2 écrins, 2 voitures bijoux.

Quel message souhaitez-vous transmettre aux lecteurs du Petit Sarthois ?

Nous sommes heureux de proposer à tous les sarthois un lieu de préservation de l’Histoire du Sport Automobile, et de rendre les collections vivantes. La dimension locale est essentielle pour nous. Ainsi, pour assurer les travaux, notre choix s’est porté sur des entreprises compétentes, performantes et principalement implantées en Sarthe et dans notre région. C’est une grande fierté pour nous de pouvoir mener à bien notre projet en contribuant activement à l’économie locale. Nous sommes persuadés de l’attrait et de l’attractivité du M24 pour notre circuit, pour notre ville, notre département et notre région. Nous voulons en faire un lieu de visite incontournable pour tous les passionnés de Sport Automobile du monde entier.

M24

9 place Luigi Chinetti, Le Mans

02 43 72 72 24

www.lemans-musee24h.com

Bruno Réchard

Bruno Réchard, rédacteur en chef du Petit Sarthois

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