72 IMMOBILIER - ÉTÉ 2022

« L’irish cob : c’est un cheval de famille »

Sébastien Lambeau s’est spécialisé dans les Irish cobs avec le gêne crème.

Ses chevaux ressemblent à de gros nounours avec de gros poils aux pattes et de longues crinières.  Des chevaux doux, courageux et paisibles. Ce sont des irish cobs, la race de chevaux qu’a choisie d’élever Sébastien Lambeau, installé depuis octobre 2016 avec Pauline, sa compagne, dans la campagne conlinoise. 

Pourquoi avoir choisi la Sarthe pour y élever des irish cobs ?

Je viens de Bruxelles, mais en Belgique, le prix des terrains est très élevé. Alors, j’ai cherché en France et c’est ainsi que j’ai trouvé ici, en Sarthe, cet endroit avec du terrain pour élever mes chevaux. 

Pourquoi cette race plus précisément ?

Quand j’étais enfant, au poney club où je montais, j’ai vu un irish cob et je suis tout de suite tombé amoureux de ce cheval, affectueux, au gros nez rose. Plus tard, je voulais un cheval de trait, bonhomme, et j’ai acheté mon premier irish cob. Et quand on tombe dans cette race, on ne peut pas s’arrêter à un seul. Je suis vraiment amoureux du caractère de ce cheval. 

Comment vit votre élevage ? 

J’ai deux étalons et chacun a sa famille. Ils vivent en troupeau, chacun au milieu de ses juments et des petits de l’année. Les étalons sont les nounous des poulains. C’est eux qui les éduquent, c’est leur compagnon de jeu. Les mères les nourrissent. Les troupeaux vivent au pré. Ils ne rentrent dans les grandes stabulations que lorsque les conditions climatiques sont vraiment mauvaises. Vivre en troupeau forge le caractère du cheval. 

Les chevaux sont plutôt petits ?

Oui, la race a baissé de taille.  Cette race vient des Îles Britanniques. Autrefois, c’était le cheval favori des nomades irlandais, des gens du voyage qui les possédaient pour tirer leur roulotte. D’ailleurs les irish cobs et les gypsy cobs, c’est la même race, même s’ils ont deux stud-books différents. Avant, les chevaux toisaient 1m 50 à 1 m 55. Ma plus grande jument aujourd’hui à la retraite mesurait 1 m 60. Maintenant, il est difficile de trouver des juments de plus d’1 m 40. 

Quelles sont les qualités de ce cheval  et à quoi est-il utilisé ?

Ces chevaux sont recherchés pour leur bon caractère et utilisés dans toutes les disciplines mais principalement pour la randonnée, l’équifeel, le travail à pied, l’éthologie ou même l’équithérapie. Mais ils ont aussi un bon coup de saut. C’est une race qui demande à partager avec l’humain. C’est un cheval de famille pour tous les âges, calme, adorable, polyvalent, plein de qualités.

Comment ces chevaux sont-ils arrivés en France ?

Il y a eu une grosse mode des années 90 aux années 2010. Les marchands les ramenaient par camions des îles britanniques. Les chevaux n’étaient pas débourrés. Cela s’est tassé car les gens étaient déçus. Les chevaux arrivaient sans avoir reçu de soins. Ce qui a fait une mauvaise pub. Alors que des irish, dans de bons élevages, sont adaptés aussi bien au débutant qu’au cavalier confirmé. Mais il faut qu’ils soient cadrés.  C’est un cheval gentil, mais il faut l’éduquer.

Les chevaux vivent en troupeau dans la campagne conlinoise.

Qu’est-ce qui a changé depuis ?

Ce qui a changé, c’est que dans des élevages comme le nôtre, on les éduque. Avec les réseaux sociaux, il y a un forum sur la race qui explique qu’il faut se faire encadrer avant de monter un cheval irish. Le marché a été régulé. La SPA anglaise a serré la vis. Tout cela a laissé place aux vrais éleveurs. 

Qu’élevez-vous comme irish cob ?

Tout d’abord, je m’intéresse à la génétique.  Cela fait 17 ans que j’élève des irish cobs. C’est la 17e saison de naissance. Je travaille avec ma lignée mâle car c’est le caractère paternel qui se transmet. Au début, les Irish étaient surtout pie noir ou pie alezan.  Moi, je travaille sur la couleur, je me suis spécialisé dans le gène crème : palomino, isabelle, perlino, cremello.  Ma réputation est connue à l’international, mais je privilégie  la France et la Belgique pour avoir des trajets moins longs.  Un de mes chevaux est pourtant parti en Australie. Je fais très attention à ne pas baisser le niveau, je ne fais que du haut de gamme.

Catherine Gilot

Bruno Réchard

Bruno Réchard, rédacteur en chef du Petit Sarthois

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