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Hervé Dugué : « Une écurie active : pour le bien-être des chevaux »

Moniteur sorti major de l’École nationale d’équitation (ENE) de Saumur en 1991, Hervé Dugué s’est installé en 1998 à Courcemont dans le Nord-Sarthe.  A la Haute-Couparie, avec Sophie, sa femme, il s’est d’abord consacré à son exploitation agricole (poulets de Loué, moutons) qu’il a rapidement orientée en bio. Parallèlement, il a développé son propre élevage de chevaux et créé l’écurie Equi-Libre Couparie. Mais cet homme de cheval est avant tout soucieux du bien-être de ses chevaux. Il s’engage dans un nouveau projet : une écurie active, un concept nouveau en France.

Hervé Dugué nous présente son écurie active de Courcemont

Racontez- nous les débuts de cette écurie Equi-libre Couparie !

J’ai commencé par élever mes propres chevaux et accueillir quelques chevaux en pension. Progressivement, j’ai converti cette ferme en agriculture biologique pour produire foin, paille, orge, pois, luzerne et arriver à l’autosuffisance alimentaire des animaux sur la ferme. Depuis toujours, je suis passionné par l’étude du comportement des chevaux, leur éducation, la génétique.  J’ai toujours recherché comment influencer le mental des chevaux pour qu’ils s’épanouissent bien dans leur tête et soient équilibrés.

Votre infrastructure est déjà conséquente. Comment vous est venue l’idée d’une écurie active ?

Nous avons 70 chevaux sur la propriété, 45 en box, 25 au pré.  Nous avons 4 carrières, un marcheur, un manège. Depuis 14 ans, nos toits (manège, écuries, bâtiments d’élevage) sont recouverts de panneaux photovoltaïques, nous en sommes à notre 6e projet. Mais l’équitation, c’est une perpétuelle remise en question, une école d’humilité. Et mon obsession, c’est toujours de trouver comment faire d’un cheval un compagnon idéal pour un futur propriétaire pour que les deux soient épanouis. Il y a 5 ans, j’ai visité les Ecuries de Lysors, une écurie active près de Deauville, et j’ai été séduit.

Expliquez-nous ce concept d’écurie active ?

Ce sera la première en Sarthe. C’est nouveau en France, mais répandu dans les pays nordiques. L’objectif, c’est de loger les chevaux en troupeau : les jeunes avec les vieux pour qu’il y ait des interactions. Un peu comme si on mettait des personnes âgées avec des enfants : les plus jeunes apportent leur joie de vivre, leur énergie et les anciens leur expérience. Dans une écurie active, chaque cheval fait en moyenne 10 km par jour. En cette période de Covid où dans certaines écuries les chevaux n’ont pas pu sortir, on a vu comment ils ont pu exploser. Tous les points de vie sont espacés : les râteliers à foin, les abreuvoirs, le terrain pour se rouler, les mangeoires pour les aliments concentrés, les pâtures… Le cheval devra marcher pour se rendre d’un point à l’autre. Mais chaque cheval aura une alimentation personnalisée grâce à une puce.

Les chevaux auront également à leur disposition un grand bâtiment, un dortoir en commun qui sera cloisonné en différentes parties. 

Quel est le but de ce concept et combien d’hectares allez-vous y consacrer ? 

Ce concept permet de simplifier la vie des chevaux et celle des cavaliers.  Il y a aussi moins de manœuvres ce qui nous donne plus de temps pour étudier le comportement des chevaux. Les robots nous disent tout : ce qu’ils mangent, le temps qu’ils passent dans les pâtures. Cela nous permet de gérer en préventif bien des pathologies : le cheval mangera plus souvent en petite quantité ce qui est plus adapté à son problème digestif. Cela permettra de diminuer les coliques, les ulcères.  Plus de problèmes respiratoires : les chevaux iront en permanence dehors. Plus de problème de pied : ils marcheront sur un sol adapté, stabilisé. 

Nous allons consacrer 16 ha pour 50 chevaux. Pour la première tranche, nous allons accueillir 30 chevaux. Quand nous aurons bien l’outil en main, nous ouvrirons un deuxième dortoir pour les 20 chevaux supplémentaires.  25 places sont déjà réservées. 

Vous n’avez pas peur qu’il y ait des problèmes à vivre en troupeau ?

Non, les chevaux n’entrent à aucun moment en compétition : chaque nourrissage est indépendant. De plus, les chevaux seront pieds nus (sans fers). Ils apprendront à marcher sur les différents sols (sable mou, cailloux…). Ils auront une bonne vascularisation et seront bien dans leurs pieds. 

Quels sont les avantages pour les cavaliers ? 

Le cheval sera plus disponible. Il n’y aura plus de frustration pour les chevaux qui mangeront et sortiront quand ils veulent.  Le cheval sera plus équilibré pour le travail. De plus, il y aura moins de frais de maréchalerie, de vétérinaire, car c’est un système préventif. Enfin dans la zone centrale, accessible de l’extérieur, un club house sera installé. Les cavaliers qui voudront observer leurs chevaux pourront le faire sans les déranger.  Dans cette zone centrale, il y aura également une sellerie, des douches, une salle de soins.  

Quand cette écurie active sera-t-elle opérationnelle et à quel prix pour le propriétaire ?

On prévoit le terrassement entre mai et août. En octobre- novembre, le premier troupeau sera constitué.  Le but, c’est d’avoir un troupeau stable avec possibilité d’intégrer de nouveaux chevaux une fois par an. Pour les prix, une étudiante en marketing arrive prochainement pour travailler sur le sujet. Mais ce ne devrait pas être plus cher qu’une pension de base qui est actuellement de 306 €.  Une chose est certaine : cette écurie active est vraiment construite pour le bien-être des chevaux et de leurs cavaliers.

Ecurie Equi-Libre Couparie, La Haute Couparie, 72110 Courcemont.

Bruno Réchard

Bruno Réchard, rédacteur en chef du Petit Sarthois

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