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LE POULET SARTHOIS, UNE “SUCCESS STORY” NÉE EN ZONE NORD IL Y A 50 ANS

C’est un entrepreneur essentiel à nos vies de consommateur que nous avons rencontré. Gilles Huttepain, ex Directeur Général du Groupe LDC, aime à rappeler que la qualité des produits de notre assiette est une chance qui nécessite qu’on y accorde du temps et de l’argent. Le juste prix d’un œuf, d’un poulet ou d’un plat préparé est dépendant du savoir-faire d’une filière dans son entier, et de la prise de conscience des consommateurs dans les magasins. Gilles Huttepain, tout comme son père René dans les années 70 et 80, avaient rapidement compris l’intérêt de rassembler les producteurs au sein de coopératives, et d’organiser avec eux la chaine de transformation vers le réseau de distribution. Nous vous proposons une interview du champ à l’assiette, avec un chef d’entreprise qui pose les vraies questions sur l’avenir de notre alimentation.

Racontez-nous les débuts de cette belle histoire d’Huttepain Aliments ?

Au départ c’est le choc pétrolier de 1973 qui a tout déclenché ! Mon père René avait fédéré les producteurs d’œufs locaux, et les vendait en région parisienne, mais il achetait les aliments pour volailles à Duquesne Purina, une société américaine qui venait d’augmenter fortement ses prix de vente du fait de la hausse des cours du pétrole…. Alors il a construit sa propre usine d’aliments qui a ouvert en Zone Nord le 2 mars 1975 en plein salon de l’agriculture. Il a démarré avec 9 salariés. Dans la foulée, suite à la faillite d’une société de distribution d’œufs parisienne, je me souviens lui avoir dit : « On va les vendre nous-mêmes les œufs papa ! ».

Construction du bâtiment Huttepain en Zone Nord du Mans en 1975

Huttepain est indissociable de l’œuf de Loué ?

Lors d’un voyage au Maroc en 1989, mon père avait visité une production d’œufs au Maroc, avec Raymond Vaugarny qui était directeur de la coopérative des fermiers de Loué. Ils ont eu l’idée ensemble de labelliser l’œuf de Loué, et de contractualiser la filière en garantissant un revenu équitable aux producteurs. Au départ les œufs étaient mis en boite en Zone Nord, avant de déménager la production à La Bazoge. En 2001 nous avons décidé de nous rapprocher du Groupe LDC, spécialisés dans la filière aval (abatage de poulets), alors que nous étions très performants dans la partie amont, avec tous nos producteurs.

Quels sont les grands chiffres du Groupe LDC ?

Aujourd’hui le Groupe LDC fédère 7 000 producteurs en France, avec une vingtaine de labels ou de marques sur les secteurs de la volaille et de l’œuf. Nous réalisons un chiffre d’affaires de 4,4 milliards d’euros et employons 21 000 salariés.

Nos marques principales sont Loué, Maître Coq, Le Gaulois, Marie… Le siège du Groupe est à Sablé-sur-Sarthe, dirigé par notre président Denis Lambert. En Zone Nord du Mans nous avons conservé le siège du Pôle Amont (toute la partie avec les producteurs).

Vos marchés sont-ils porteurs ?

La consommation de volailles a augmenté sur 50 ans, mais se tasse depuis quelques années. Ce qui nous pénalise ce sont les importations car 50% des ventes sont constituées de poulets élevés hors de France (Pologne, Ukraine, voire Brésil). A chaque fois que je vois nos ministres partir à l’étranger vendre des produits d’exportation, je sais que nous allons prendre des importations de poulets derrière…. Mes interrogations portent sur notre souveraineté alimentaire d’une part, et d’autre part sur l’intérêt écologique d’importer des poulets que nous pouvons produire localement… Nous avons en France une filière volailles contractualisée, permettant de mettre dans nos assiettes des produits de qualité, tout en rémunérant les producteurs de façon équitable. Notre marque Louépropose des œufs de poules élevées en plein air, cadrant avec les nouvelles attentes écologiques. Notre marque Le Gaulois permet de proposer un produit à un rapport qualité-prix excellent.

Comment avez-vous traversé cette crise sanitaire ?

Je tiens à remercier nos salariés qui ont continué à travailler pour nourrir les français. Néanmoins, la crise a entrainé des déséquilibres, avec une hausse des ventes dans les magasins et chute dans la restauration (des usines ont été en suractivité, d’autres en sous-activités ou à l’arrêt). Maintenant tout a bien redémarré et je suis plutôt optimiste. Restons humbles, à l’écoute de nos marchés et concentrons-nous sur la sécurité alimentaire, l’innovation… les valeurs du Groupe LDC en somme. Le travail paye toujours et le potentiel de cette filière agro-alimentaire sarthoise est en tout point exceptionnelle.

Consommation de l’humanité en une année :

–        Porc                 : 115,5 millions de tonnes.

–        Volailles         : 108,7 millions de tonnes.

–        Bovins  : 68 millions de tonnes.

–        Ovins               : 14 millions de tonnes.

–        Œufs               : 62,4 millions de tonnes.

Source : Planetoscope – www.consoglobe.com

Bruno Réchard

Bruno Réchard, rédacteur en chef du Petit Sarthois

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