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La voiture électrique 2.0 : une chance pour l’économie verte

Située à Laval et à Saint-Quentin-en Yvelines, l’ESTACA – École Supérieure des Techniques Aéronautiques et de Construction Automobile – est un établissement privé qui forme des ingénieurs dans le secteur des transports : secteurs Automobile, Aéronautique, Spatial, Transports urbains et ferroviaires. Nous avons rencontré Christophe Delille, habitant en Sarthe, responsable de la filière automobile, qui nous explique les enjeux de la voiture de demain.

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Tesla

Dossier Réalisé par Bruno Réchard

Assiste-t-on à une révolution de la mobilité en général, et de l’automobile en particulier ?

Oui indéniablement, nous constatons de nouveaux usages accélérés par la crise sanitaire. On le voit même au niveau de nos étudiants. Il y a encore 5 ans ils étaient attirés par des véhicules un peu sportifs, alors qu’aujourd’hui ils viennent à l’école en trottinettes électriques. Nous avons dû installer à l’école des bornes de recharges. La nouvelle génération appréhende la mobilité différemment, l’écologie est devenue pour eux un réel enjeu.

Au travers de vos relations avec les constructeurs, voyez-vous le marché muter ?

La transition vers la fin programmée du moteur thermique est enclenchée. Le marché est en phase de transition avec le moteur hybride qui permet d’habituer les usagers à une autre énergie que le pétrole, sans en avoir les inconvénients. En parallèle, le réseau de bornes de recharges se déploie petit à petit. Et bien entendu, les capacités de productions des constructeurs mutent progressivement. En effet l’architecture des voitures électriques est totalement différente : les batteries sont dans le plancher, il n’y a pas de moteur à l’avant. Les voitures sont donc plus courtes et un peu plus hautes. La hausse de la demande actuelle entraine des économies d’échelle sur la production, et les prix vont donc continuer à baisser. Ainsi des modèles premiums qui se vendaient il y a 3 ans à 80 000 €, se vendent maintenant à 50 000 €. Et les modèles entrée-de-gamme se situent autour des 35 000 €. L’autonomie des batteries augmente, les prix baissent, la bascule du marché est en train de se réaliser. De nouveaux petits modèles, abordables en prix, disposent d’une autonomie intéressante de 400 km hors autoroutes. D’ailleurs l’utilisateur de véhicules électriques emprunte peu l’autoroute, qui consomme beaucoup plus d’énergie.

Justement l’un des freins de l’électrique c’est la gestion des batteries ?

Aujourd’hui on dépend beaucoup de la Chine, mais l’Europe travaille à rattraper ce retard. Les batteries utilisent le lithium, une ressource finie, mais les constructeurs travaillent sur de nouveaux composants, qui permettront à moyen terme de recycler les futures batteries. Concernant l’autonomie, on arrivera rapidement à 500 km, et une recharge rapide c’est 45 minutes pour 60-70% de recharge. Certes il y a le frein du temps de recharge, mais l’avantage financier est intéressant : 5 à 6 € la recharge rapide ! Concernant le réseau de distribution, il se développe et s’adapte à ces modes de consommation : l’avantage c’est que les clients vont consommer pendant ce temps d’attente, d’où le développement des loisirs sur les nouvelles stations.

Le potentiel de production électrique est-il adapté à une hausse exponentielle des besoins en énergie électrique ?

La France et l’un des pays dans le monde le mieux armé dans ce domaine grâce à notre filière nucléaire. Mais il ne faut pas oublier de développer l’éolien, les panneaux solaires, les énergies propres. Quant à la gestion des recharges, l’usager peut l’interfacer avec son smartphone : d’un simple clic vous déclencherez la recharge, idéalement de nuit en heures creuses, et à distance (en courses, en balades, vous verrez la jauge monter sur votre smartphone). Cette automobile 2.0 peut constituer une chance pour le développement de l’économie verte. Le besoin en énergie électrique va permettre d’accélérer le déploiement des panneaux solaires. Ainsi voit-on déjà le développement des parkings couverts pour mettre des panneaux solaires et à court terme installer des bornes de recharges partout. Ainsi des chaines de supermarchés mettent actuellement en place des bornes de recharges gratuites sur leur parking : le temps de faire vos courses votre voiture sera rechargée.


ESTACA (École supérieure de technique aéronautique et de construction automobile)

École des nouvelles mobilités, l’ESTACA forme depuis 1925 des ingénieurs en 5 ans après le bac, qui répondent aux défis des transports durables : respect de l’environnement, maîtrise de la consommation énergétique, qualité de l’air, utilisation de matériaux écologiques et intelligents, systèmes autonomes et connectés, nouvelles énergies, numérique, nouveaux usages, sécurité et fiabilité des véhicules.

La formation est ancrée au cœur des besoins émergents des secteurs aéronautique, spatial, automobile, ferroviaire, transports urbains, naval…. L’École est à la pointe de l’innovation technologique et valorise la passion, l’engagement, le pragmatisme et l’ouverture sur le monde.

Deux campus récents proposent un cadre d’études innovant avec laboratoires de pointe, FabLabs, espaces de coworking: ESTACA Paris- Saclay à Saint-Quentin-en-Yvelines et ESTACA Campus-Ouest à Laval. 

www.estaca.fr

 

Bruno Réchard

Bruno Réchard, rédacteur en chef du Petit Sarthois

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