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TOKYO DANS LA LIGNE DE MIRE DE LEÏLA HEURTAULT

Le visage d’ange de Leïla Heurtault cache en fait une panthère aux capacités de superhéroïne : force, souplesse, rapidité, coup d’œil. Cette triple championne du monde de karaté (2013 individuel, 2016 et 2018 par équipe) est aussi ambassadrice de la Sarthe, département où elle est arrivée alors qu’elle n’avait que 14 ans. Quelques douze années plus tard, nous la retrouvons auréolée d’un podium gagné à Lisbonne, qui lui permet d’espérer une qualif’ pour les prochains JO de Tokyo.

La panthère fulgurante truste les podiums de karaté depuis 2013

Parle nous de ton enfance ?

Je suis née à Chartres, mais ma famille a déménagé à Mana en Guyane quand j’avais 4 ans, où mon papa y était prof d’EPS. Petite j’étais un vrai garçon manqué… alors quand maman m’a proposé à 8 ans une activité au choix entre « majorette » ou « karaté », je n’ai pas hésité… Et quelques années plus tard je me suis entendu dire par un membre du club que jamais je ne pourrais être championne du monde, cela a été le début d’une volonté…. Ni une ni deux, j’ai recherché sur Internet « sport étude karaté » et je suis tombée sur Samouraï 2000 au Mans. Mes parents ont accepté que je parte, et ma sœur Sara a suivi 2 ans après.

Et ces JO, ils se font désirer….

Nous avons déjà la chance de les avoir…. Même si la qualification est très compliquée… En effet il faut savoir qu’en karaté nous avons 5 catégories de poids, mais dans une volonté de limiter le nombre de sportifs aux JO, le CIO a fusionné les 5 catégories en 3 et limité le nombre de participantes à 10 par catégorie… Tout en sachant qu’il y a une japonaise qualifiée d’office, et qu’en plus nous ne pouvons pas avoir 2 françaises dans la même catégorie (pourtant Gwendoline Philippe et moi pourrions légitimement y postuler), cela limite bien sûr les places qualificatives. Mais il faut rester concentrée sur l’objectif, et mettre les process en place pour l’atteindre. Actuellement je suis 7ème au classement olympique. Au bout d’un an sans compétitions, le tournoi de Lisbonne a permis de montrer que j’étais toujours au plus haut niveau (à la date de l’interview, Leïla n’avait pas encore gagné le bronze aux Europe).

Pas facile de surcroît hors de la structure du CREPS ?

Même si on nous a proposé (Dnylson Jacquet et moi) il y a 4 ans de rejoindre la structure France sur Paris, cela aurait été une erreur de quitter Samouraï 2000 aux vues du niveau de performance que Didier Moreau et son équipe nous permettent d’atteindre. En tournois nous ne bénéficions certes pas de l’étiquette « France », mais nous sommes dorénavant reconnus et respectés Dnylson et moi. Et puis Didier, c’est notre entraineur, notre ami…. Et aussi un peu comme un second papa : il m’a vu grandir depuis mes 14 ans et a toujours été là, dans les bons comme dans les mauvais moments… Et si aujourd’hui j’ai obtenu mon diplôme Master 2 en Management International, c’est en grande partie grâce à lui car il m’a toujours encouragée à continuer mes études supérieures, même si parfois cela a été difficile de concilier les deux.

Comment voyez-vous l’avenir ?

Je pense créer ma société, j’étudie en ce moment différents projets qui me tiennent à cœur. En attendant je reste concentrée sur l’objectif N°1 : aller à Tokyo et représenter mon pays dans la plus belle compétition qui ait jamais existé. 

La panthère sait aussi regarder l’avenir avec des projets plein la tête

Leïla, si vous étiez… vous seriez….

Une couleur : le bleu nuit

Une qualité : la persévérance

Un défaut : une pipelette

Un sentiment : la joie

Un rêve : les JO de Tokyo !

Une fleur : l’orchidée Vanda

Une destination : la Guyane

Un animal : chat… ou suricate !

Un personnage célèbre : Malala Yousafzai

Bruno Réchard

Bruno Réchard, rédacteur en chef du Petit Sarthois

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