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CONSERVER NOS FORÊTS AVEC LE CEN PAYS DE LOIRE

Frédéric Vaidie est chargé d’études au Conservatoire des Espaces naturels des Pays-de-Loire, Cet expert faune, et plus particulièrement des oiseaux, nous a donné rendez-vous au sud du Mans pour une sortie en forêt visant à répertorier et témoigner de l’attrait d’une zone boisée non loin de Pontvallain. Au programme le balbuzard pêcheur, l’autour des palombes, des lièvres et une multitude de passereaux : les forêts sarthoises regorgent de faune sauvage.

L’intérêt des arbres morts

L’utilité de conservation des forêts naturelles

Dix-huit sites sont inscrits au programme départemental des espaces naturels sensibles. Ils ont été choisis en raison de leur intérêt écologique ou paysager majeur. Ils représentent les nombreuses facettes du patrimoine naturel sarthois : forêts, étangs, marais, landes et tourbières, gorges et vallées, coteaux calcaires… Les forêts naturelles sont indispensables pour comprendre à la fois l’organisation du vivant et le fonctionnement des écosystèmes forestiers. Elles constituent un modèle de référence pour comprendre le rôle des forêts dans les changements climatiques. Ce sont des forêts dont le stock de carbone est supérieur aux forêts exploitées ; elles sont plus résistantes et résilientes de par leur diversité. Ce qui les caractérise c’est notamment la présence d’arbres morts.Ceci est un facteur essentiel pour la bonne santé et la fertilité des sols forestiers. En se décomposant lentement, les arbres morts se transforment en humus. Cette matière organique améliore la qualité des sols en leur permettant de mieux retenir l’eau et les éléments nutritifs. Le bois mort est aussi un habitat très recherché par de nombreux animaux et végétaux à qui il offre à la fois le gîte et le couvert. Il assure un rôle écologique majeur puisqu’on estime qu’un animal forestier sur cinq dépend du bois mort pour sa survie, sans parler des mousses, lichens et des milliers de champignons qui l’utilisent aussi comme substrat… 

Frédéric à côté d’un hêtre gigantesque.

Les arbres pionniers tel le bouleau

Notre balade en forêt sarthoise se passe sur un sol sableux, qui était par les siècles passés un ancien marais, pauvre pour la croissance des arbres. On y trouve donc des essences pionnières tels que le bouleau. Le bouleau est en effet une espèce frugale qui n’a pas besoin d’un sol riche. Il s’adapte à tous les substrats notamment aux plus pauvres. C’est aussi une espèce de lumière qui affectionne d’être en plein soleil. Il a de ce fait une croissance rapide mais son espérance de vie n’est que de 100 ans. Pour ces trois raisons, on le classe parmi les espèces dites pionnières car cet arbre colonise en premier les espaces ouverts comme les landes et les clairières. Les zones ouvertes laissent ensuite la place à une forêt plus âgées peuplée de pins, de hêtres et de chênes. Les passereaux laissent la place à de plus gros volatiles…

Autour des Palombes (50 à 60 couples en Sarthe)

Des espèces d’oiseaux remarquables en Sarthe

Notre escapade forestière a été l’occasion de découvrir que la Sarthe abrite des oiseaux remarquables comme le balbuzard pêcheur (eh oui !), certes en très faible nombre (au moins 1 couple). Frédéric nous maintient éloigné à plus de 200 mètres car le rapace n’aime pas être dérangé. Je le contemple à la jumelle. Frédéric vante les eaux poissonneuses du Loir, le garde-manger du couple ayant fait son nid très haut. C’est en effet une espèce piscivore. Il passe l’hiver en Afrique ou dans la péninsule ibérique pour arriver chez nous à la sortie de l’hiver.

Autre rapace peuplant nos forêts sarthoises : l’autour des palombes. Frédéric en a fait son oiseau préféré. Il chasse en forêt mais aussi dans le bocage – il est très mobile et 90 % de ses proies sont des oiseaux, il est donc ornithophage – il aime le pigeon ramier, mais aussi les pies, les corbeaux, le geai des chênes, parfois l’écureuil. En Sarthe on compte entre 50 et 60 couples, notamment en forêt de Bercé où il est très présent. Il a besoin d’un houppier assez dense, et d’un arbre très haut et d’une forêt tranquille. C’est un rapace sédentaire, discret sauf pendant les parades amoureuses en février/mars où son chant est reconnaissable.

Bruno Réchard

Bruno Réchard, rédacteur en chef du Petit Sarthois

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