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DEUX ESPÈCES DE VERTÉBRÉS DES TOURBIÈRES

Johannic Chevreau

Si les tourbières n’abritent pas à proprement parler de faune vertébrée, certaines espèces vont avoir une affinité envers ces milieux tourbeux et plus généralement les zones humides froides (c’est la particularité des tourbières). Ainsi nous avons rencontré Johannic Chevreau, chargé de mission au Conservatoire des Espaces Naturels, qui écume depuis 3 ans une cinquantaine de stations gérées par le CEN des Pays de la Loire. Il nous présente le lézard des souches et la vipère péliade, deux espèces protégées et en danger vivant près des tourbières.

Le lézard Vivipare

Si cette espèce est présente sur une large bande géographique allant de l’Europe à l’Asie pacifique, il est difficile de l’observer par disparition progressive de son habitat (tourbière, forêts humides). Ce petit lézard de 7 cm du museau au cloaque a été observé dans quelques endroits de la Sarthe, notamment dans certaines tourbières du département. Il faut dire que la Sarthe est la zone la plus continentale et la plus au nord de la région, donc ces 2 facteurs favorisent la pérennité de sa présence en Sarthe. Il ressemble au lézard des souches mais sa couleur est dénuée de vert. Il est corpulent à pattes courtes et à tête courte et épaisse. Les femelles mettent au monde des jeunes entièrement formés (ovovivipares). Il se nourrit d’insectes et de limaces et cette espèce vit au sol dans les milieux dont l’eau n’est jamais absente. Cette espèce est protégée par la convention de Berne.

Vipère Péliade

La vipère Péliade

C’est la moins connue des 2 espèces de vipères présente dans nos régions. Elle recherche des milieux frais contrairement à sa cousine la vipère Aspic, elle est donc présente plus sur le nord de la France quand l’Aspic accroit sa présence au fur et à mesure qu’on descend au sud. La vipère Péliade a des pupilles rouges, quand celles de l’Aspic sont jaunes, et un nez non retroussé. Elle n’est pas en soit dangereuse car elle n’attaque qu’en cas de danger pour elle, son venin est néanmoins toxique. Elle mesure 50 cm en moyenne, se nourrit de petits mammifères (mulots, souris…) et quelques amphibiens même si elle n’est pas bonne nageuse (contrairement à la couleuvre). La Péliade est peu visible car très discrète. En Sarthe son aire tourne autour de Sillé-le-Guillaume et Mamers, recherchant des zones fraiches. Très rare, elle est protégée car cette espèce est en danger. Menacée pour 2 raisons : les changements de paysages dont la perte de haies et bien entendu les changements climatiques qui la font remonter plus au nord au gré du réchauffement climatique. Elle aime les zones fraiches et ouvertes comme les tourbières.

Chargé de mission au CEN : un métier proche de la Nature

Johannic Chevreau a un beau parcours universitaire puisqu’il est titulaire d’un Master en écologie, après une licence de biologie, accompli à l’université de Montpellier. Il est spécialisé en Sarthe dans la gestion d’espèces en danger et les plans de conservation comme le Sonneur, un batracien qui a fait l’objet d’un programme de préservation très réussi puisque cette espèce de crapaud semble en voie de préservation en Sarthe. Les débouchés de ces formations (Angers, Rennes, Caen) vont du travail dans les associations comme la LPO, France Nature Environnement… aussi le milieu agricole comme les chambres d’agriculture, et les collectivités comme le Conservatoire des Espaces Naturels. 

Bruno Réchard

Bruno Réchard, rédacteur en chef du Petit Sarthois

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