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REMPLACEZ LES PARPAINGS AVEC ISOPAILLE

Damien et Geoffroy de Vilele

On peut aujourd’hui isoler sa maison avec de la paille. La paille présente l’intérêt d’être bon marché, très isolante et accessible à très courte distance. Nous avons rencontré l’entreprise sarthoise « Isopaille », située à Cherré près de La Ferté-Bernard, qui a développé la production de panneaux à ossature bois remplis de ballots de paille standardisés. Entretien avec Damien et Geoffroy de Villèle, qui nous expliquent l’intérêt de cette filière écologique d’avenir.

Un isolant résistant dans le temps

La paille est le seul isolant biosourcé, local, utilisable dès la sortie du champ. Elle peut se conserver jusque 100 ans et permet de stocker le carbone dans les murs. Les bâtiments sont naturellement insonorisés et peu coûteux à faire chauffer (0,5€/m2/an). En cas de démantèlement, la paille est compostée et recyclée. Selon le CD2E (www.cd2e.com), seulement 10% de la paille de blé produite annuellement en France suffiraient pour isoler toutes les constructions neuves, et 90% des approvisionnements proviendraient d’un périmètre inférieur à 50 km du lieu de construction. Soit une solution pour le bâtiment qui représente 25% des gaz à effet de serreet 44% de l’énergie consommée en France.

Les agriculteurs n’utilisent pas n’importe quelle paille : elle est issue du blé moissonné courant août. Et le cahier des charges établi par le Réseau français de construction paille est strict : les ballots doivent mesurer 36 sur 46 cm et 90 cm de long, faire 80 à 120 kg/m3, avoir – de 20% d’humidité, être stockés sur palettes, avoir des fibres longues… Il faut compter en moyenne 500 bottes pour isoler les murs et la toiture d’une maison de 100 m2.

Usine de préfabrication de panneaux ossature bois isolés en bottes de paille locale.

Les obstacles à dépasser pour que décolle cette filière écologique

Si la filière existe depuis dix ans, elle tarde un peu à décoller, la faute à un manque d’industrialisation du processus et de notoriété. Il convient aussi de former les agriculteurs pour respecter le cahier des charges. Le surcoût est d’environ 10% pour ce type de construction, mais cet investissement se retrouve dans les notes de chauffage fortement abaissées. Par ailleurs, cette démarche implique des coûts de stockage des bottes, un investissement en machines, des normes et contrôles plus importants et davantage de main-d’œuvre et de manipulation que pour la simple laine de verre.

La solution Isopaille de la préfabrication

Pour contourner les problèmes, Isopaille propose – pour gagner du temps sur le chantier – de pré fabriquer des caissons en bois rempli de ballots de paille, de façon automatisée. Les gérants de l’entreprise sont en ce moment débordés. “Nous sommes engagés sur les projets jusqu’à juillet 2022”, confie Geoffroy de Villèle, le responsable du développement. 

Leur premier client sarthois, Catherine Hergoualc’h, a investi dans ce matériau en 2012, sur la commune de Pruillé-l’Éguillé. Elle nous a confirmé ne pas regretter son choix. « La maison a coûté un peu plus cher mais nous faisons de sacrées économies d’énergie. Sans compter le confort car nous avons la même température dans toutes les pièces de la maison et la qualité de l’air donne une véritable atmosphère de sérénité. Notre chauffage se limité à un petit poêle à bois pour 103 m2. » C’est l’un des nombreux atouts de ce matériaux bio sourcé, sans compter l’isolation phonique.

Isopaille – 20 rue Condorcet – CHERRÉ -  02.43.93.62.06 – www.isopaille.fr

Bruno Réchard

Bruno Réchard, rédacteur en chef du Petit Sarthois

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