72 IMMOBILIER - ÉTÉ 2022

LA RESERVE NATURELLE RÉGIONALE DE LA BASSE-GOULANDIÈRE

Pascal Chauveau, Adjoint au maire de Parigné L’Évêque

Site exceptionnel de près de 38 hectares, la Basse Goulandière est située sur la commune de Parigné l’Évêque. La commune est propriétaire de la Basse Goulandière depuis 1966, suite au legs de Fernand Crapez, ancien maire de Parigné́-l’Évêque. Le site est en partie inclus dans une Znieff (zone naturelle d’intérêt faunistique et floristique) depuis 1994, et compris dans le Site d’importance communautaire Vallée du Narais, forêt de Bercé et ruisseau du Dinan. Le Conseil Régional des Pays de la Loire a décidé́ du classement de cette zone en Réserve Naturelle Régionale le 28 janvier 2011. La Région assure un accompagnement technique et financier à hauteur de 40 % du coût des actions menées dans le cadre du plan de gestion (2017-2028). Nous avons rencontré Pascal Chauveau, adjoint au maire de Parigné l’Évêque, qui pilote la gestion de cet écrin qui compte 7 espèces végétales protégées au niveau national, et 12 espèces faunistiques protégées dont certaines sont rarissimes. 

Un territoire de biodiversité

C’est l’un des rares bas-marais tourbeux préservé en Sarthe. Ce milieu humide accueille différents habitats (marais, landes, bois) et des espèces spécifiques. En bordure du ruisseau, dans la zone humide du Roule-Crottes, on trouve des espèces rares comme l’agrion de Mercure, petite libellule au corps bleu et noir, et le triton crêté de couleur orange et noir.
Côté flore, au moins 3 plantes rares : le rossolis à feuilles rondes, la parnassie des marais et la pédiculaire des marais.
Mais la fonction hydraulique du marais est tout aussi importante : il joue un rôle déterminant de “filtre” et “éponge” au service de la qualité de l’eau dans le bassin manceau. Les amoureux de la nature sont invités au printemps à venir écouter un orchestre de grenouilles et crapauds proposant un concert pouvant se terminer tard dans la nuit…

Dans les étendues marécageuses, on distingue les touradons (accumulations végétales en monticules de 40 cm de hauteur et de circonférence) de Choins noirâtres (plante vivace), révélateurs du milieu tourbeux, mais également des prairies à Molinies bleues (plantes herbacées). Ces habitats caractéristiques composent une zone d’un haut intérêt patrimonial puisque sept espèces végétales protégées sont présentes : la Rossolis à feuilles rondes (Drosera), le Troscart des marais, la Parnassie des marais, la Gentiane pneumonanthe (voir page 11), le Sélin à feuilles de carvi, la Pédiculaire des marais et la Grassette du Portugal (plante carnivore).

La tourbière fête ses 10 ans de classement en Réserve Naturelle Régionale 

Les travaux de restauration, dans les parties forestières du bas marais ont débuté en 2012. Un programme de six ans de travaux pour remettre cette tourbière en état : la débroussailler, abattre les pins sylvestres qui la peuplent, lui rendre sa lumière, sa faune et sa flore. L’enlèvement des arbres a été réalisé par Christine Sallé (voir Le Petit Sarthois N°21 – page 6), spécialiste du débardage en forêts avec des chevaux de trait. L’étrêpage (mise à nue de la tourbe par des moyens mécaniques) a été réalisé sur une bande dans chacune des tourbières. L’objectif était de retrouver certaines plantes rares pionnières : droséras, parnassie des marais, ophioglosse etc… Enfin des coupes régulières sont organisées en lien avec l’ONF, mais toujours après le 15 août pour favoriser les fins de cycles écologiques. Le mois dernier, la tourbière a fêté ses 10 ans de classement en RNR, et les élus planchent sur une nouvelle convention, avec pour enjeu la pérennité de ce site écologique d’exception et des espèces qui y habitent. Peut-être verra-t-on le retour du Cuivré des marais, un papillon autrefois présent mais non répertorié depuis plusieurs années dans le département.

Bruno Réchard

Bruno Réchard, rédacteur en chef du Petit Sarthois

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